Une première dans l’histoire

Cantorbéry: Onze femmes évêques participent à la Conférence de Lambeth

Cantorbéry, le 3 août 1998 (APIC) « Que vous soyez homme ou femme, le travail d’évêque est très difficile ». Telle est la constatation faite par Penny Jamieson, la première femme consacrée évêque d’un diocèse dans la Communion anglicane en 1990, lors d’un Rassemblement des Femmes dans l’Eglise d’Angleterre (WATCH) le 31 juillet à Cantorbéry.

Penny Jamieson, élue évêque de Dunedin, en Aotearoa/Nouvelle-Zélande, en 1990, est l’une des onze femmes évêques participant à la Conférence de Lambeth. L’ordination des femmes évêques est un phénomène récent dans la Communion anglicane. C’est donc la première fois que des femmes évêques sont présentes à la Conférence de Lambeth qui a lieu tous les dix ans. A part l’évêque Jamieson, toutes les femmes évêques viennent des Etats-Unis et du Canada, car la grande majorité des Eglises anglicanes n’ont pas de femmes évêques.

La presse religieuse et séculière de Grande-Bretagne n’a pas manqué de reprendre les propos de l’évêque Jamieson, qui a reconnu avoir rencontré de nombreuses difficultés et avoir été « profondément blessée » depuis son accession à ce poste en 1990. « Je ne peux recommander le métier. Et je ne pense pas que quiconque le voudrait ». Elle a tenu ces propos au début de la Conférence de Lambeth, lors d’une rencontre avec les membres de WATCH. « Je parlais avec réalisme, a-t-elle encore dit, car l’un des devoirs des femmes évêques est d’être réaliste. »

« Les femmes membres d’Eglises telles que l’Eglise d’Angleterre qui n’ont pas encore ordonné de femmes, tendent à trop simplifier la question, en ne voyant que le côté prestigieux de ces femmes évêques; or, il est temps de rectifier ce point de vue » a souligné l’évêque Jamieson. Pourtant, si le choix était à refaire, elle accepterait à nouveau de recevoir l’ordination épiscopale.

Aux médias qui lui ont demandé quelles Eglises anglicanes seraient, à son avis, les prochaines à accepter l’ordination de femmes évêques, elle a cité l’Australie, et peut-être l’Afrique du Sud. Quant à l’Eglise d’Angleterre, elle « pourrait nous surprendre », a-t-elle dit, en autorisant l’accession des femmes à l’épiscopat. L’Eglise d’Angleterre ordonne des femmes à la prêtrise depuis plusieurs années déjà.

Interrogé à son tour, l’évêque William Burrill, de Rochester (Etats-Unis), qui a assisté au rassemblement du WATCH pour soutenir les femmes, a fait remarquer que « cette question ne cause pratiquement plus de problèmes aux Etats-Unis ou nous avons huit femmes évêques ». Ce n’est pas une surprise pour lui que l’Eglise d’Angleterre se débatte encore avec cette question: « Rien ne me surprend dans la Communion anglicane. Cela fait partie de notre diversité. »

Christina Rees, présidente de WATCH, ne s’emploie pas à promouvoir « les droits des femmes, mais plutôt à obtenir une Eglise ouverte à tous et l’authentique égalité de tous comme expression fondamentale de l’Evangile ». (apic/eni/ab)

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