Pour avoir demandé à ses membres à se défaire de leurs armes

Etats-Unis: L’Eglise presbytérienne dans le collimateur des maniaques de la gâchette

New York, le 4 août 1998 (APIC) Il peut en cuire de s’en prendre aux intérêts du lobby des armes aux Etats-Unis. L’Eglise presbytérienne des Etats-Unis l’a appris à ses dépens. Pour avoir, lors de son assemblée générale, appelé ses membres à se défaire de leurs pistolets et autres armes de combat, son siège national à Louisville, dans le Kentucky, a été littéralement bombardé d’appels téléphoniques protestant contre cette prise de position.

La réaction a été «vigoureuse, brutale et généralement négative», a déclaré Kathy Lancaster, chargée des questions de justice criminelle pour l’Eglise. C’est comme si «la saison de la chasse était ouverte» contre l’Eglise. Le siège de l’Eglise presbytérienne a déjà reçu des centaines d’appels téléphoniques et messages électroniques concernant cette résolution, pourtant non contraignante. Selon le porte-parole de l’Eglise, Jerry Van Marter, les réactions ont été négatives à neuf contre un.

La résolution adoptée par 393 voix contre 120 par les participants à la récente assemblée générale de l’Eglise, à Charlotte, en Caroline du Nord, a appelé plus de deux millions et demi de membres à faire disparaître de leurs maisons pistolets et armes de combat. Cette proposition fait suite à une série d’événements tragiques survenus aux Etats-Unis où des adolescents ont froidement assassiné à l’arme à feu des camarades d’école.

Même si ces 30 dernières années, l’Eglise presbytérienne a réclamé à plusieurs reprises des mesures législatives pour freiner l’escalade de la violence due aux armes à feu, c’est la première fois qu’un organisme religieux des Etats-Unis lance un tel «appel moral» directement à ses membres et leur demande de se débarrasser de leurs armes. Les vives réactions n’ont pas surpris les responsables de l’Eglise, étant donné la complexité du

problème des armes aux Etats-Unis, un pays qui connaît un niveau de violence quotidienne très élevé et où la «majorité morale», qui veut pourtant régenter les mœurs, est celle-là même qui prend fait et cause pour la peine de mort et la libre possession des armes à feu.

Pour Kathy Lancaster, le fait que de nombreux messages soient rédigés dans le même langage pourrait être le signe d’une campagne concertée contre la résolution. Bill Powers, porte-parole de National Rifle Association (NRA), le tout puissant lobby en faveur du maintien de la vente libre des armes à feu, dément pourtant toute tentative dans ce sens de la part de son organisation.

Pour Bill Ward de Wichita, dans le Kansas, membre de la NRA tout en étant conseiller presbytéral de l’Eglise, les réactions de la base ont été rapides et compréhensibles. «C’est comme si l’Eglise me disait que j’agissais mal», estime-t-il dit, en demandant que l’utilisation des armes pour le sport et les loisirs soit considérée comme juste du point de vue légal et moral. (apic/eni/ab)

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