Varsovie: Nouvelle controverse sur des croix édifiées près du camp d’Auschwitz
Varsovie, 6 août 1998 (APIC) Le gouvernement polonais a exprimé jeudi à Varsovie sa préoccupation face à la relance de la controverse sur la présence chrétienne aux abords de l’ancien camp de concentration d’Auschwitz. La polémique a repris après l’érection de plus de 50 croix fin juillet par des militants catholiques polonais.
Face aux vives critiques venant d’Israël et des organisations juives, le gouvernement polonais déclare qu’il n’a pas les moyens d’agir efficacement dans cette affaire. Le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, a de son côté déclaré le même jour que planter des croix à cet endroit ne blesse en aucune façon le « respect dû aux victimes de l’Holocauste ».
Le secrétaire du cabinet israélien, Danny Naveh, intervenant auprès de l’ambassadeur polonais en Israël, Wojciech Adamiecki, a demandé au gouvernement polonais de faire enlever les croix. Des catholiques polonais conservateurs ont en effet édifié fin juillet une cinquantaine de croix près de l’ancien couvent des carmélites polonaises adossé à l’enceinte extérieure de l’ancien camp d’extermination. Cause de grandes tensions entre le monde juif et l’Eglise catholique – on était au bord de la rupture – le couvent fut finalement évacué après de nombreuses protestations et menaces d’organisations juives.
Kazimierz Switon, l’un des organisateurs de la récente action, a expliqué qu’en mémoire des prisonniers politiques polonais exécutés par les nazis en 1941, ce ne sont pas 50 mais 152 croix que l’on aurait dû ériger en cet endroit. Le gouvernement polonais précise dans sa déclaration qu’il y a encore un litige entre l’Etat et une personne privée concernant l’exact propriétaire du terrain où se trouvent les croix. Il rappelle également que dans le Concordat signé entre la Pologne et le Vatican, c’est à l’Eglise que l’Etat polonais a remis le soin de se préoccuper des symboles religieux catholiques. C’est pourquoi les autorités israéliennes, en interpellant le gouvernement polonais, ne se sont pas adressées au véritable interlocuteur.
Le cardinal Jozef Glemp a déclaré dans une conférence de presse donnée jeudi à Varsovie que l’édification des croix contestées ne blessait pas le respect dû aux victimes de l’holocauste. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, la grande croix de huit mètres de haut, édifiée après la visite du pape à Auschwitz en juin 1979, est tout à fait àà sa place. C’est précisément autour de cette croix que d’autres petites croix viennent d’être placées. Le primat de Pologne a dénoncé à cette occasion l’immixtion du gouvernement israélien dans cette affaire et il a rappelé qu’il « s’agit ici d’un territoire autonome de l’Etat polonais ».
L’administration du Musée de Yad Vashem à Jérusalem, qui maintient le souvenir de l’Holocauste, a vivement condamné dimanche dernier l’érection par « des groupes extrémistes » de croix près du camp de la mort d’Auschwitz. Cet acte provocateur est pour lui la rupture de l’accord entre les organisations internationales selon lequel on ne devait installer à Auschwitz aucun symbole religieux, idéologique ou politique. (apic/kna/ba)
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