Israël: Netanyahou voulait influencer la nomination de l’archevêque de Galilée
Jérusalem/Rome, 7 août 1998 (APIC) Les tentatives du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou d’influencer sur le choix de l’archevêque grec-melkite catholique de Saint-Jean d’Acre (Akka), en Galilée a « agacé » le Vatican, affirme la presse israélienne. Netanyahou a reconnu qu’il a eu des discussions avant l’élection du successeur de Mgr Maximos Salloum, Mgr Pierre Boutros Mouallem.
Le Vatican a pour sa part publié vendredi une sèche mise au point, rappelant l’Accord Fondamental signé entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël, qui prévoit dans son article 3, al. 1 et 2, l’autonomie de l’Eglise et de l’Etat, chacun dans sa sphère propre. Dans son communiqué, la salle de presse du Saint-Siège souligne que la nomination des évêques de l’Eglise catholique appartient au Souverain Pontife dans l’exercice de son pouvoir suprême. En ce qui concerne la nomination de Mgr Mouallem, le Synode de l’Eglise grecque-melkite catholique a procédé librement, hors de toute pression externe.
Le chef du gouvernement israélien aurait souhaité que le Synode de l’Eglise grecque-catholique choisisse le curé de Nazareth, le Père Emile Shoufani, considéré comme ayant une attitude amicale envers les autorités israéliennes. Dans son édition de vendredi, le « Jerusalem Post » rapporte que Netanyahou l’a clairement dit tant à l’Eglise grecque-catholique qu’aux responsables du Vatican.
Netanyahou met en garde contre la « politisation » des nominations dans l’Eglise
Un responsable de la sécurité israélienne a exprimé la crainte que Mgr Mouallem, « un réfugié palestinien évêque au Brésil », pourrait exciter la communauté catholique contre Israël. C’est parce que l’Autorité palestinienne aurait fait pression sur l’Eglise locale que Netanyahou se serait décidé à intervenir, affirme ce responsable israélien.
Selon le quotidien israélien, le Vatican est mécontent de ce qu’il considère comme une immixtion politique indue dans une affaire qui ne regarde que le Saint-Siège. Le pape a confirmé dimanche le choix du Synode melkite et ratifié le transfert de Mgr Mouallem, un évêque de 70 ans né à Aïlaboun, en Galilée, qui était jusqu’à présent évêque de l’éparchie grecque catholique de « Notre-Dame du Paradis » à Sao Paulo, au Brésil.
Netanyahou a déclaré jeudi avoir fait part au représentant du Vatican en Israël de sa préoccupation face à la « politisation » des nominations dans l’Eglise. Le directeur de la Ligue Anti-Diffamation, le Rabbin David Rosen, a estimé pour sa part que la tentative du gouvernement Netanyahou d’influencer la nomination d’un responsable de l’Eglise est « presque inouï » et pourrait causer du tort aux relations d’Israël avec le Vatican.
La communauté chrétienne d’Israël n’est pas une branche du Likoud
Yona Yahav, député travailliste, a ironisé sur la finesse diplomatique de Netanyahou, lui rappelant que la communauté chrétienne d’Israël n’est pas une branche du Likoud, son parti. Le quotidien israélien « Ma’ariv » rapporte que le porte-parole du Vatican a souligné que les interférences du gouvernement représentent un obstacle dans les relations entre les deux Etats et que seules les dictatures interfèrent de cette manière. Et le journal de mentionner de que de telles immixtions n’existent plus qu’en Chine et au Vietnam.
Selon des sources israéliennes, il n’est pas exclu que le Premier ministre israélien refuse l’entrée en Israël du nouvel archevêque de Galilée, car il le considère comme un ami des milieux palestiniens radicaux. Une telle mesure créerait une grave tension entre le Saint-Siège et Israël, mettant en danger le processus de normalisation des relations entre les deux Etats. (apic/bol/jpost/be)
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