Sao Paulo: Clôture du Mouvement national de la 3e Semaine sociale

«Le Brésil, champion des inégalités sociales»

Sao Paulo, 10 août 1998 (APIC) Criant des slogans, portant des banderoles et critiquant la politique sociale du gouvernement brésilien, 400 chrétiens ont manifesté publiquement leur révolte samedi devant la cathédrale de Sao Paulo. Cette manifestation, organisée par la Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB), a clôturé le «Mouvement national de la 3e Semaine sociale brésilienne». Réalisé à Itaici, du 4 au 8 août, elle a réuni les délégués de tous les diocèses du pays.

La manifestation des participants – parmi lesquels une dizaine d’évêques et le nouveau président de la CNBB, Mgr Jayme Chemello, évêque de Pelotas (dans l’Etat de Rio Grande do Sul) – a permis la publication des principales conclusions de la rencontre.

Le document constate le déficit social qu’une élite privilégiée impose au peuple. Il critique aussi le modèle néolibéral implanté à partir de 1990 qui a renforcé les inégalités sociales déjà existantes auparavant. Selon la CNBB, «ceux qui souffrent de cet état de fait sont la majorité de notre peuple. Il n’est pas nécessaire de dénombrer les sans terres, les sans-toits et les chômeurs. L’existence d’un seul enfant abandonné cause déjà notre indignation. Conséquence: nous luttons contre un projet politique qui exclut des millions de personnes et qui fait dire chez nous et à l’étranger que le Brésil est le champion des inégalités sociales».

Le Mouvement national de la 3e Semaine sociale participe au programme prévu pour commémorer l’an 2000. Un processus commencé en 1997 et concernant plus de 10’000 chrétiens dans 152 diocèses.

L’irresponsabilité de l’organisme officiel pour la réforme agraire

Le document final présenté samedi dénonce encore la concentration de la terre dans les mains des grands propriétaires terriens et «l’irresponsabilité» de l’Institut national de la colonisation et de la réforme agraire (INCRA). Un organe officiel qualifié «d’inefficace» et qui provoque les conflits de la terre et l’expulsion d’un grand nombre de familles rurales obligées de trouver refuge dans les grandes villes.

Selon la CNBB, le gouvernement du président Fernando Henrique Cardoso n’a pas pris non plus les mesures adéquates pour faire baisser le taux de chômage dans le pays. Le document qualifie l’ampleur de l’analphabétisme comme «catastrophique» puisqu’il atteint 19,2 millions de personnes de plus de 15 ans. «En 1998, il est de notre devoir d’exiger des comptes au gouvernement, spécialement quand il s’agira de voter cet automne pour les élections présidentielles et parlementaires», avertit encore la CNBB.

La manifestation devant la cathédrale de Sao Paulo s’est terminée par un discours de Mgr Luiz Demetrio Valentini, évêque de Jales et responsable de la pastorale sociale de la CNBB. Il a mis une note d’espoir en déclarant: «Le peuple n’est pas mort. Il se réveille et s’organise à la base». (apic/plp/ba)

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