S’adressant à l’agence I.MEDIA, un militaire des British Armed Forces a souligné l’importance de la libération de la capitale, souvent éclipsée par le débarquement en Normandie, qui a eu lieu un jour plus tard.
Avec leurs beaux uniformes verts et rouges, leurs kilts et leurs cornemuses, les membres de la 38e brigade, dite «irlandaise» et du Royal Irish Regiment, deux unités de l’armée britannique composées de soldats originaires de toute l’Irlande, ne sont pas passées inaperçus sur la place Saint-Pierre. Marchant dans les pas de leurs prédécesseurs, libérateur de la Ville Éternelle qui avaient été reçus par Pie XII le 12 juin 1944, ils formaient une délégation avec des descendants de soldats britanniques ayant participé à la Campagne d’Italie.
Après avoir assisté à l’audience du pape François sous un soleil de plomb, les soldats de Sa Majesté ont pu brièvement saluer le pontife argentin et prendre une photo avec lui. Le pape, visiblement content de cette rencontre, leur a même demandé de faire tonner pour lui leur cornemuses, clairons et tambours, comme ils l’avaient fait pour Pie XII en 1944.
«Les mots me manquent presque, car c’était remarquable», a confié le major général Colin Weir, colonel du Royal Irish Regiment. L’officier, qui a servi en Irak et en Afghanistan, a décrit cet instant privilégié avec le pape François comme «l’une des expériences les plus émouvantes et les plus profondes» de ses 32 années de service, et un des points culminants de l’histoire de son régiment, vieux de 350 ans.
Pour eux, a souligné le colonel, il était important de commémorer «le sacrifice de ces soldats qui ont combattu pendant près de trois ans» pour parvenir à la libération de la capitale, le 5 juin 1944. Lors de la Deuxième Guerre mondiale, la campagne d’Italie, opposant les Alliés aux forces nazies et leurs partenaires fascistes, a été particulièrement âpre et meurtrière, en particulier dans les mois qui ont précédé la prise de Rome.
Le débarquement en Normandie ayant eu lieu le lendemain, la victoire du 5 juin a rapidement «disparu des premières pages des journaux», a souligné le colonel britannique. Le souvenir des sacrifices de tant de soldats à cette époque est un rappel pour notre temps, a-t-il estimé. Parce qu’on «oublie facilement les libertés que l’on tient pour acquises et qu’il faut parfois se battre pour les retrouver lorsqu’on les a perdues».
Parmi ces libérateurs de Rome, ceux de la 38e brigade irlandaise – composée de nombreux catholiques – eurent la chance de rencontrer le pape Pie XII le 12 juin 1944. Les soldats ont joué une marche au pontife italien sur la place Saint-Pierre. Ce dernier a ensuite souligné les «peines», les «dangers» et les «incertitudes» rencontrées sur les champs de bataille, enjoignant son auditoire à «rester toujours et partout près de Dieu».
L’ambassadeur britannique auprès du Saint-Siège, Christopher Trott, a également convenu avec le colonel que cette commémoration était «un bon rappel» du sacrifice des soldats alliés en Italie, confiant que son propre grand-père avait combattu dans la péninsule. «C’est une expérience merveilleuse que de se souvenir de lui», a-t-il déclaré. Il a ajouté être «ravi» d’avoir pu commémorer la libération de Rome avec le pontife sur la place Saint-Pierre. (cath.ch/imedia/ic/cd/rz)
I.MEDIA
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