Le « miracle » de saint Alexandre Svir
Moscou\Saint-Pétersbourg, 20 août 1998 (APIC) Depuis quelques semaines, des milliers de fidèles orthodoxes affluent dans une petite église de la banlieue de Saint-Pétersbourg pour voir ce que certains considèrent déjà comme un miracle. Selon les pèlerins, les ossements d’un saint russe du 16e siècle, Alexandre de Svir, sécrètent une sorte de résine qui a l’apparence du miel.
L’Eglise orthodoxe russe – qui a refusé voici quelques mois d’accepter les preuves scientifiques de l’authenticité des restes du dernier tsar Nicolas II et de sa famille – a été prompte à reconnaître celle des ossements de saint Alexandre, en dépit des réticences de plusieurs savants. Le 17 août, le patriarche Alexis II, primat de l’Eglise, s’est rendu dans la petite église pour voir les reliques, qui ont été retrouvées à la fin de l’an dernier au Département d’anatomie de l’Académie médicale militaire de Russie.
Selon Natalya Khmilyova, qui travaille à temps partiel dans cette église, la découverte de ces reliques, 80 ans après que l’Eglise orthodoxe eut perdu tout espoir de les retrouver, renforce la foi des gens confrontés aux difficultés quotidiennes.
« Il y a des temps difficiles », a-t-elle fait remarquer. « Mais Dieu ne nous abandonne pas comme le prouve la découverte aujourd’hui des reliques de saint Alexandre de Svir. C’est un événement extraordinaire que nous attendions depuis longtemps ». S’exprimant à la télévision, le patriarche Alexis a expliqué que ce miracle était la « confirmation de notre foi ». Le patriarche a reconnu officiellement les reliques et confirmé leur transfert, le mois prochain, au monastère de Saint-Alexandre de Svir, à 270 kilomètres au nord de Saint-Pétersbourg.
Saint Alexandre, né en 1443 et mort en 1533, est connu comme l’ »Abraham russe » parce qu’il a eu une vision de la Sainte Trinité. Trois anges lui ont montré un endroit près de la rivière Svir ou il a alors fondé un monastère. Depuis sa canonisation en 1641, ses reliques, conservées dans le monastère, étaient hautement vénérées mais en 1919 les bolcheviks les ont confisquées dans le cadre de leur campagne contre la religion.
L’empressement du patriarche Alexis II
En septembre dernier, l’abbé du monastère de Saint-Alexandre, Lukian Kutsenko, a reçu l’approbation de l’Eglise orthodoxe pour entreprendre la recherche des reliques (le monastère, qui compte aujourd’hui seulement sept moines, est en partie en ruines). Une religieuse et biologiste orthodoxe, Leonida Safonova, a été en mesure d’affirmer après plusieurs mois de recherches que les ossements du saint se trouvaient à l’Académie de médecine, ou ils ont été retrouvés, non catalogués.
Plusieurs études semblaient indiquer que les ossements étaient bien ceux de saint Alexandre – des examens anthropologiques ont révélé qu’ils étaient ceux d’un membre du groupe ethnique auquel appartenait saint Alexandre. D’autres tests ont également montré une ressemblance entre le crâne et les icônes précédentes du saint.
Enfin, la position des ossements, avec les jambes croisées, était la même que celle décrite dans les chroniques de 1641 lorsque les ossements furent déterrés pour la première fois.
Un premier service de prières a été célébré par l’abbé Lukian le 15 juillet dans le laboratoire radiologique de l’institut d’expertise médico-légale de Saint-Pétersbourg. Après le service, il a dit avoir vu le liquide qui coulait des ossements.
Selon la directrice adjointe de ce service, Olga Bykhovskaya, les tests ne seront pas terminés avant la fin de l’année. Mais de l’avis de l’Eglise orthodoxe, peu méfiante en la circonstance, des tests supplémentaires ne sont pas nécessaires. « Quelle que soit la technique utilisée, quel que soit le niveau scientifique atteint, le saint a apporté les preuves lui-même en exsudant de la résine », a déclaré Leonida Safonova. (apic/eni/pr)
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