«Face à la guerre et à ses tragiques conséquences, il est important de ne jamais abandonner, mais de continuer à chercher des moyens de mettre fin au conflit avec bonnes intentions, confiance et créativité», a déclaré le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, dans la station nidwaldienne du Bürgenstock.
Ce sommet était organisé conjointement par le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, et la présidente de la Confédération helvétique, Viola Amherd. Tenu en l’absence de la Russie et de la Chine, il a abouti à un communiqué appelant à soutenir «l’intégrité territoriale» de l’Ukraine. Mais 12 pays se sont abstenus parmi lesquels l’Inde, le Brésil, le Mexique, l’Arménie ou encore l’Afrique du Sud, des pays attachés à maintenir leurs bonnes relations avec la Russie.
Dans son discours, le cardinal Parolin a salué l’attitude de l’Ukraine qui, «tout en faisant d’énormes efforts pour se défendre de l’agression, a aussi travaillé continuellement sur le front diplomatique, désireux de parvenir à une paix juste et durable». Il a rappelé, conformément aux appels récurrents du pape François, que «le seul moyen de parvenir à une paix véritable, stable et juste est le dialogue entre toutes les parties concernées».
Expliquant que le Saint-Siège participait à cette réunion «en tant qu’observateur, accordant une attention particulière au respect de la loi internationale», le cardinal Parolin a exprimé son soutien au «principe fondamental du respect de la souveraineté de chaque pays et de l’intégrité de son territoire».
Le cardinal Parolin a aussi appelé au retour des enfants ukrainiens dans leurs familles, en martelant que «l’exploitation de leur situation est inacceptable». Il a expliqué que le Saint-Siège «maintient un contact direct avec les autorités ukrainiennes et russes dans le but de renforcer l’efficacité du mécanisme ad hoc créé à la suite de la visite du cardinal Matteo Zuppi à Kiev et à Moscou, en vue de résoudre des cas concrets».
« Mgr Gallagher a expliqué que l’isolement d’un des acteurs du conflit ne pouvait être une stratégie diplomatique efficace »
Il a aussi précisé que des contacts avec les deux parties du conflit étaient maintenus pour soutenir les prisonniers, avec des inquiétudes quant à des informations faisant part de violations de la Convention de Genève. Le cardinal Parolin a constaté avec regret «la difficulté de créer, avec le Comité international de la Croix-Rouge, une commission médicale mixte qui pourrait évaluer la situation des prisonniers de guerre ayant besoin de soins médicaux urgents».
«Malgré tous les défis, le Saint-Siège reste déterminé à maintenir une communication régulière avec les autorités ukrainiennes et russes, et reste prêt à aider à la mise en œuvre d’initiatives de médiation potentielles», a-t-il expliqué. Il a invité la communauté internationale à rester mobilisée dans le soutien humanitaire et politique. «Au nom du pape François, je souhaite confirmer sa proximité personnelle avec le peuple ukrainien tourmenté et son engagement inébranlable en faveur de la paix», a-t-il conclu, après que certaines déclarations du pape en faveur de l’arrêt des combats aient été mal reçues en Ukraine.
La semaine dernière, le secrétaire pour les rapports avec les États Mgr Paul Richard Gallagher avait rappelé l’importance de maintenir des relations diplomatiques avec la Russie. Lors d’une réception organisée à l’ambassade de Russe près le Saint-Siège, il avait expliqué que l’isolement d’un des acteurs du conflit ne pouvait être une stratégie diplomatique efficace.
Au total, 92 pays étaient représentés à ce sommet, dont certains directement par leurs dirigeants: le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Olaf Scholz ou encore la vice-présidente des États-Unis Kamala Harris ont participé à la conférence.
Outre le cardinal Parolin, la délégation pontificale comptait le nonce apostolique en Suisse, Mgr Martin Krebs, et Mgr Paul Butnaru, official de la section pour les Rapports avec les États et les organisations internationales de la Secrétairerie d’État. Le sommet a également été marqué par la présence du patriarche de Constantinople, Bartholomée Ier.
À la veille de cette conférence internationale, le pape François avait rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky en marge du sommet du G7 organisé près de Bari. Lors de leur entretien, le président Zelensky avait remercié le pape «pour ses prières pour la paix en Ukraine» et pour sa «proximité spirituelle» avec son peuple, ainsi que pour l’aide humanitaire apportée par le Vatican. (cath.ch/imedia/cv/rz)
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