Berne: Bilan mitigé de la décennie œcuménique «Les Eglises solidaires des femmes»

Amélioration, certes, mais les femmes toujours absentes

des postes-clés dans l’Eglise synodale Berne-Jura

Berne, 26 août 1998 (APIC) La position de la femme a nettement évolué ces dix dernières années tant au sein de l’Eglise que de la société, estime Helmute Conzetti, en charge de la condition féminine à l’Union synodale Berne-Jura. Elle fait le point dans un rapport consacré à un bilan sur la décennie œcuménique « Les Eglises solidaires des femmes ». Un constat: le nombre des femmes pasteures a plus que doublé ces dernières années dans l’Eglise synodale Berne-Jura ; la catéchèse est largement en mains féminines. Pourtant, ces mêmes femmes sont largement sous-représentées aux postes-clés de l’Union synodale de cette région.

En 1988, le Conseil œcuménique des Eglises (COE) lançait la décennie « Les Eglises solidaires des femmes. Celle-ci devait être l’occasion pour les femmes de remettre en question les institutions de notre société qui pratiquent des discriminations à leur égard, tant au niveau mondial, national qu’au sein de l’Eglise.

Reconnaître le rôle important joué à tous les niveaux de l’Eglise par les femmes, combattre toute forme de sexisme au sein de l’Eglise et de la société, soutenir les activités féminines et les questions touchant à la condition féminine, tel fut l’objectif de la décennie œcuménique. Le bilan de l’engagement de l’Union synodale réformée Berne-Jura; montre que les femmes ont rattrapé une bonne partie de leur retard ces dix dernières années pour ce qui est de leur contribution aux activités des institutions ecclésiastiques et de l’exercice de professions propres à l’Eglise . Néanmoins, une représentation équitable des sexes n’est pas encore chose faite au sein de l’Union synodale réformée Berne-Jura. Une raison suffisante selon Helmute Conzetti, pour introduire enfin au sein de celle-ci les quotas proposés par la Fédération des Eglises protestantes suisses.

Deux fois plus de femmes pasteurs en dix ans

Un regard sur les statistiques confirme l’impression que l’on est en présence d’une Eglise émancipée. C’est notamment le cas si l’on considère la profession de pasteur qui, jusqu’en 1965, était réservée aux hommes au sein de l’Union synodale réformée Berne-Jura. Alors qu’on ne comptait en 1988 que 12% de femmes parmi les pasteurs, la part de ces dernières a pratiquement doublé jusqu’en 1998, puisque celles-ci représentent actuellement 23,3% du corps pastoral. En 1996, dans le canton de Berne, les femmes ont été pour la première fois plus nombreuses que les hommes à passer l’examen de pasteur. Il faudra toutefois attendre plusieurs années pour que hommes et femmes soient également représentés au sein de cette profession.

Catéchèse et diaconie en mains féminines

Quant à la catéchèse, elle est solidement en mains féminines: les femmes y représentent plus de 90% du personnel. Bien plus, les femmes représentent la majorité des travailleurs sociaux de l’Eglise. On compte en effet 81 femmes parmi les 153 travailleurs sociaux en activité dans les paroisses germanophones de l’Union synodale réformée Berne-Jura.

Il semble possible que les femmes deviennent majoritaires au sein du Synode au cours de la prochaine législature, qui s’étendra du 1er novembre 1998 au 30 octobre 2002. En effet lors de la législature 1986 – 1990, dont le début coïncidait avec celui de la décennie œcuménique consacrée aux femmes, ces dernières ne représentaient que 66 des 200 représentants du Synode, leur nombre s’élève déjà à 90 en 1998. De même, le nombre de femmes n’a cessé de progresser ces dernières années au sein du Conseil synodal. Il compte actuellement quatre femmes contre une seule il y a vingt ans. Cet effectif pourra être revu à la hausse aux prochaines élections.

Des quotas pour assurer l’égalité

Les femmes sont toutefois nettement sous-représentées aux postes-clés de l’Union synodale réformée Berne-Jura. Ainsi, on ne compte qu’une femme dans les cinq directions de secteur des services de l’Union synodale réformée Berne-Jura.

Bien qu’une étude parue récemment dans « Reformierte Presse » fasse apparaître qu’un tiers des femmes pasteurs ont de la peine à conjuguer le rôle de femme au foyer et l’exercice d’une activité professionnelle, et qu’un cinquième d’entre elles considèrent être victimes des rapports de force en vigueur au sein de l’Eglise et de la société, trois quarts des femmes pasteurs interrogées seraient disposées à emprunter à nouveau la même voie.

Chez les pasteurs, les femmes travaillent à temps partiel, les hommes à plein temps.

Les hommes et les femmes qui travaillent comme pasteurs présentent sur le plan professionnel un comportement assez semblable à ce qu’on observe dans les autres professions. Les femmes sont proportionnellement plus nombreuses à occuper des postes à temps partiel. C’est également le cas pour la profession de pasteur.

Parmi les 743 pasteurs des deux sexes travaillant pour l’Union synodale réformée Berne-Jura, un peu plus d’un cinquième (22%) occupent un poste à temps partiel. On constate ici un net clivage hommes-femmes: seulement 16% des 570 pasteurs de sexe masculin sont dans un tel cas contre plus de 40% des femmes pasteurs.

Ces chiffres correspondent à peu près à ceux publiés par l’Office fédéral des assurances sociales, selon lesquels 28% des personnes occupées en Suisse travaillent à temps partiel (6% de plus que parmi les pasteurs de l’Union synodale réformée Berne-Jura), tandis que les femmes sont 52% à se trouver dans ce cas (7,5% de plus).

La seule différence importante par rapport aux chiffres globaux concerne la répartition du temps de travail entre les sexes: tandis qu’au niveau suisse, 83% des personnes travaillant à temps partiel sont des femmes, le rapport entre les sexes est plus équilibré parmi les pasteurs. Ainsi, même si 16% seulement des pasteurs de sexe masculin travaillent à temps partiel, ceux-ci sont plus nombreux que les pasteurs de sexe féminin à se trouver dans un tel cas (90 contre 72). (apic/com/smm/pr)

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