Un horrible carnage, rapportent des témoins

Congo: Le carnage jusque dans l’église à Kasika

Rome, 27 août 1998 (APIC) Trois jours après le massacre de 37 Congolais, dont un prêtre, trois religieuses et un séminariste, assassinés le 24 août dans la paroisse de Kasika, au sud du Kivu, l’agence d’information missionnaire Misna a pu obtenir des précisions sur les faits, dont le pape lui-même a dénoncé la violence.

Le massacre a eu lieu dans la matinée du 24 août à Kasika, dans la zone d’Urega, située à une centaine de kilomètres de Bukavu, sur la route de Kamituga. Des sources locales fiables font état d’un «horrible carnage», perpétré par un groupe de rebelles banyamulenge et de militaires tutsi rwandais, accompagnés de quelques soldats ougandais qui se battent dans la région.

Les auteurs de la tuerie avaient subi, la veille, de graves pertes dans leur camp: cinq soldats ougandais et une dizaine de Banyamulenge ont trouvé la mort dans une embuscade tendue par des guerriers mayi-mayi dans la localité de Kalambi. Le massacre de Kasika a donc été clairement décidé «en représailles», souligne l’agence Misna.

Le jour venu, un groupe de soldats tutsi, a gagné Kasika aux premières heures de la matinée et a commencé, rapporte l’agence, «son massacre barbare de la population civile» en déchargeant sur elle les armes à feu. Les assaillants s’en sont pris d’abord au centre administratif de la zone, où ils ont assassiné un chef local traditionnel des Banyindu, Mwami Mubeza, et tout son entourage. Puis ils se sont dirigés vers l’église paroissiale de Kasika, où la messe dominicale venait à peine de se terminer. Et là, les militaires ont tué l’abbé Stanislas Wabulakombe, vicaire de la paroisse, ainsi que trois religieuses de la Congrégations des Filles de la Résurrection, un séminariste et plusieurs autres paroissiens laïcs. Certaines des victimes ont même été «trucidées et décapitées à l’arme blanche au coeur de l’église», précise l’agence Misna.

On pense que le massacre de Kasika n’a pas fait d’autres victimes que les 37 personnes signalées dès le premier jour. Mais d’autres victimes sont tombées ailleurs: 207 corps ont été recueillis dans la zone durant la seule journée du 26 août.

Déplorant ces «morts violentes et injustes», le pape a invité les fidèles, au cours de l’audience générale du 26 août, à prier spécialement pour la population congolaise. Il a formé le voeu «que le sang innocent, uni à celui de Jésus dans son sacrifice rédempteur, puisse contribuer à guérir les coeurs malades de la haine et de la vengeance, et leur apprendre les sentiments de fraternité et d’amour, sans quoi ce pays et le continent africain tout entier ne pourront plus jamais connaître la paix et la prospérité».(apic(cip/pr)

Suisse: Le Conseil fédéral opposé à une libéralisation sans garde-fous de l’avortement

Les évêques suisses satisfaits du non à la «solution des délais»

Berne/Fribourg, 27 août 1998 (APIC) Les évêques suisses sont satisfaits du rejet par le Conseil fédéral d’une légalisation pure et simple de l’interruption volontaire de grossesse durant les trois premiers mois. «La Conférence des évêques suisses constate avec satisfaction que le Conseil fédéral s’est prononcé contre la solution des délais», a déclaré jeudi à l’APIC le porte-parole de la CES Nicolas Betticher, au lendemain de la prise de position du Conseil fédéral.

Contrairement à la Commission parlementaire qui prône la totale liberté pour la femme d’interrompre une grossesse durant les 14 premières semaines, le Conseil fédéral estime qu’il est nécessaire d’installer des garde-fous, notamment la consultation obligatoire d’un service d’aide et de conseil agréé par l’Etat. Il s’agit de permettre à la femme enceinte de prendre une décision en connaissance de cause, en pesant les intérêts en jeu, et d’éviter la précipitation ou les pressions du père ou de proches. Le Conseil fédéral, qui n’a pas encore arrêté définitivement sa position, retient également un régime «d’indications élargies» (indication médicale: vie ou santé de la mère en jeu; indication ,juridique: viol; indication sociale: profonde détresse de la mère).

La vie à naître doit bénéficier de la protection de l’Etat

Indépendamment du Comité d’initiative «Pour la mère et l’enfant» – qui récolte en ce moment des signatures pour une initiative populaire visant à inscrire dans la Constitution la protection de la vie à naître – la Conférence des évêques suisses (CES) a adopté depuis toujours une position claire refusant la «solution des délais».

Nicolas Betticher a rappelé la déclaration du 8 septembre 1997 de la CES qui confirme sa volonté explicite de défendre la vie à naître. Consultée sur l’avant-projet de modification du code pénal (qui interdit l’interruption de grossesse mais n’est plus en phase avec la pratique dans la majorité des cantons), la CES a fait parvenir une position très claire au Conseil fédéral: «Dans la ligne de nombreuses affirmations publiées ces dernières années par la CES sur la question de l’avortement, les évêques suisses ne peuvent, en vertu de leur foi, accueillir une proposition de modification législative qui réduit, voire supprime la protection, par l’Etat, de la vie à naître».

Protection pour la femme enceinte et le personnel médical

Les évêques suisses sont d’avis que la «solution des délais» qui dépénalise l’avortement pendant les 3 premiers mois ne peut que provoquer une pression supplémentaire sur la femme en vue d’une interruption de grossesse. Ils réclament donc aussi la protection de l’Etat pour une femme que la grossesse placerait dans une situation de détresse ainsi que la protection de la conscience des médecins et du personnel médical, «qui sont tenus d’être au service de la vie».

Pour une politique familiale digne de ce nom

Ne se contentant pas de condamner l’avortement d’un point de vue éthique et moral – «il s’agit à chaque fois de l’élimination d’une vie humaine» – ou de vouloir simplement son interdiction légale, ils plaident de façon conséquente pour une politique familiale digne de ce nom. Ils disent oui à l’assurance maternité, à un droit du travail favorable aux familles, à une offre élargie de structures d’accueil de la petite enfance, à des logements suffisants pour les familles, à un minimum d’existence garanti à tous les enfants (des allocations familiales en conséquence), à une éducation sexuelle à une maternité et une paternité responsables, à des services de conseil pour les femmes enceintes et d’aide à l’accueil de l’enfant.

Le mouvement «Aide suisse pour la mère et l’enfant», qui regroupe des opposants à l’avortement, de son côté a lancé en juin dernier la récolte des signatures pour l’initiative populaire fédérale pour la défense de l’enfant «non encore né». Nicole Stern, co-présidente du Comité d’initiative «pour la mère et l’enfant», qui a déjà récolté 23’0000 signatures, s’est dit soulagée par la position du Conseil fédééral, qui indique la bonne direction. Même si la position du gouvernement fédéral n’est pas définitivement fixée, a-t-elle souligné, son non clair à la «solution des délais» proposée par l’initiative Haering Binder est un signe positif. La position du Conseil fédéral va maintenant susciter un débat passionné au Parlement. (apic/wm/be)

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