Mais aussi ancrage évangélique et promotion de la vie

Rome: Elan missionnaire au coeur du prochain Synode des évêques pour l’Océanie :

Rome, 28 août 1998 (APIC) L’assemblée spéciale du Synode des évêques pour l’Océanie, se tiendra à Rome du 22 novembre au 12 décembre. Le Vatican vient de publier le « Document de travail » qui servira de base aux travaux.

L’assemblée des évêques pour l’Océanie est le quatrième Synode continental prévu par l’Eglise catholique dans la perspective du grand Jubilé de l’an 2000. Elle succède aux assemblées spéciales du Synode des évêques pour l’Afrique (1994), pour l’Amérique (décembre 1997) et pour l’Asie (mai 1998). Restera à convoquer une assemblée comparable pour l’Europe: elle est prévue pour fin 1999.

Le « Document de travail (« Instrumentum laboris ») dans le jargon latin de la Curie romaine) s’appuie sur les réactions et suggestions envoyées à Rome par les futurs participants, suite à la parution du document établi pour une première consultation (les « Lineamenta », parus en mai 1997).

L’assemblée pour l’Océanie rassemblera tous les évêques en activité sur ce continent (et non seulement leurs délégués), ainsi que des représentants des supérieur(e)s d’Instituts religieux et des membres de la Curie romaine, pour autant qu’ils soient directement concernés par le continent. A leurs côtés prendront place, comme d’habitude, des auditeurs et des experts, ainsi que des « délégués fraternels » d’autres Eglises chrétiennes.

Un document en trois parties

2000 ans après la naissance du Christ, le thème général choisi pour le Synode des évêques consacré à l’Océanie traduit le souci de centrer le regard sur l’essentiel: « Jésus Christ, suivre son chemin, proclamer sa vérité, vivre sa vie. Un appel pour les peuples d’Océanie ».

Ce titre en trois volets correspond à l’organisation du « Document de travail » en trois parties. Elles sont précédées d’une introduction qui situe l’événement du Synode pour l’Océanie dans le contexte historique de ce continent, que les guerres du XXe siècle et la fin de l’époque coloniale ont paradoxalement rapproché du reste du monde, mais qui s’en sent souvent éloigné par la distance. Ceci est encore plus vrai pour l’Eglise catholique, dont la jeunesse est prometteuse, mais également fragile, bien qu’elle puisse déjà s’arc-bouter depuis deux siècles sur le témoignage de plusieurs martyrs.

Profil typique de l’Eglise en Océanie

Dans la première partie du document, la réflexion prend acte du profil typique de l’Eglise catholique en Océanie: elle est restée proche de l’élan missionnaire qui lui a donné naissance, mais la période actuelle de transition entre les missionnaires venus de l’étranger et les cadres autochtones laissent bien des questions ouvertes pour le dynamisme missionnaire de demain. Le défi, en particulier, portera sur la rencontre entre l’Evangile annoncé et les culturelles locales. Les transformations de ces cultures, à travers leurs rencontres mutuelles mais par leur confrontation à la modernité occidentale, compliquent encore le défi d’une évangélisation « inculturée ». Les communautés océaniennes les plus pénétrées par le Concile Vatican II y ont trouvé aussi des ressources pour laisser parler leur créativité propre, ont fait observé plusieurs évêques. Beaucoup plaident en tout cas pour que se poursuivent, de la liturgie aux communications de masse, l’attention aux trésors des cultures locales ainsi que le regard critique sur les valeurs contradictoires d’une société gagnée par le pluralisme.

D’autre part, si l’Australie et la Nouvelle Zélande ont attiré par leur réputation ou leur espace pas mal d’Européens ou de populations du Pacifique, les évêques locaux constatent que ces mouvements migratoires ne vont pas sans poser de problèmes d’intégration et de respect mutuel entre les cultures et les peuples.

L’Evangile purifie les structures sociales et les cultures

Evangélisation » est le mot-clé de la deuxième partie. Le document en précise la portée en ces termes : il s’agit que « la force de l’Evangile pénètre non seulement les consciences individuelles mais purifie et transforme tant les structures sociales que les cultures ». Entre l’annonce première de l’Evangile et la mise en oeuvre, avec d’autres, d’une action sociale ou culturelle où le souffle évangélique serait reconnaissable, les moyens et les occasions sont multiples. D’un diocèse à l’autre, les évêques ne portent pas les mêmes appréciations sur la nouveauté des défis actuels. Les uns recherchent, par exemple, comment donner un élan aux habitudes et aux institutions qui semblaient avoir fait leurs preuves.

D’autres estiment que le temps est venu de repenser l’ensemble de l’évangélisation pour le XXIe siècle. Annonce du Christ, catéchèse et formation permanente des chrétiens, enseignement catholique, engagement social, rapports avec l’Etat, présence dans les médias, dialogue avec les autres cultures, échanges oecuméniques et interreligieux: la manière de vivre l’Evangile n’est pas forcément la même pour une paroisse du centre-ville à Canberra et pour un groupe de Papous, dont la famille reste marquée par le « culte du cargo », peut-on lire entre les lignes du texte.

« La vie nouvelle »

La troisième et dernière partie du « Document de travail » examine sous divers angles la « vie nouvelle » que les disciples du Christ sont censés rayonner dans leur existence de tous les jours. C’est d’abord vers la liturgie et les sacrements que les rédacteurs se tournent comme vers la source de tout renouveau ecclésial. Ils insistent sur les réformes à poursuivre pour intégrer en ces matières les orientations du concile Vatican II. Sur la vie elle-même, le document relève que l’on porte des appréciations divergentes d’une culture à l’autre, voire au sein d’une même culture. Si tels aborigènes d’Australie cultivent un respect profond de la vie humaine, il arrive à leurs voisins d’afficher un mépris mortel pour leurs ennemis. De même, la culture technologique importée d’Occident peut sacrifier bien des vies sur son autel, comme elle peut en sauver bien d’autres. Cette dernière partie examine dès lors comment l’Eglise peut aujourd’hui « rendre témoignage à la vie ». La question fait nécessairement appel à un renouveau de la réflexion morale et à un discernement des valeurs à promouvoir. Parmi celles-ci, le mariage et la famille occupent des places de choix. Mais la famille n’est pas tout: les évêques entendent faire le tour des vocations et des appels à la mission. L’attention finale à la diversité des charismes comme à la disparité des situations appelle, en conclusion, un plaidoyer pour une Eglise de « communion ».

Par nature, l’ »Instrumentum laboris » reste un document préparatoire. Plusieurs accents convergents se retrouveront probablement dans les résultats ultérieurs du Synode, mais on ne saurait tirer parti du « Document de travail » actuel pour anticiper sur les conclusions de l’assemblée, peut-on lire dans le préambule du document. Il est signé par le cardinal belge Jan Schotte, secrétaire général du Synode des évêques. (apic/cip/ba)

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