Le pape dénonce la disparition des chrétiens au Moyen-Orient

«Cette terre est en train d’être dépeuplée des chrétiens», a déploré le pape François à propos du Moyen-Orient. Il s’exprimait devant les participants à la réunion des œuvres d’aide aux Églises orientales (ROACO), reçus le 27 juin 2024 au Vatican.

Du 24 au 27 juin, la ROACO tenait son assemblée plénière à Rome. Y participent de nombreuses organisations engagées auprès des chrétiens d’Orient, notamment l’Aide à l’Église en détresse (ACN/AED) et l’Œuvre d’Orient. En les recevant en clôture de cette rencontre annuelle, le pontife a énuméré les régions dans lesquelles les Églises orientales vivent aujourd’hui le martyre: la Terre sainte, l’Ukraine, la Syrie, le Liban, l’ensemble du Moyen-Orient, le Caucase et le Tigré (Éthiopie).

Ces dernières années, les chrétiens d’Orient ont beaucoup souffert des nombreux conflits, et ont fait le choix de l’exil. C’est le cas notamment de ceux provenant de la Syrie, qui a connu dix ans de guerre, mais aussi du Liban, frappé par une grave crise économique et sociale, ou encore de l’Irak, où il ne resterait plus que 300’000 chrétiens, contre près de trois fois plus avant le début de la guerre, en 2003.

Être plus forts que la tentation de l’abandon

Le pape François a insisté sur le besoin des membres des Églises orientales de ces pays d’un «monde différent, qui ne croit pas à la loi du plus fort, mais à la force d’une paix désarmée». Ces populations, en particulier les jeunes, «sont fatigués de la rhétorique belliqueuse, des refrains stériles qui accusent toujours les autres, divisant le monde en bons et en méchants, des dirigeants qui peinent à s’asseoir autour d’une table pour trouver des médiations et promouvoir des solutions», a-t-il insisté.

Le pontife a en particulier évoqué le conflit qui frappe actuellement la Terre sainte. Il s’est désolé d’une réalité «peu glorieuse: cette terre est en train d’être dépeuplée des chrétiens». Il a enjoint la ROACO à encourager les chrétiens de cette région et de l’ensemble du Moyen-Orient à «être plus forts que la tentation d’abandonner leurs terres, déchirées par les conflits» en leur apportant un soutien matériel et spirituel.

Ukraine et Haut-Karabakh

Le pape a aussi évoqué le drame de la guerre en Ukraine, affirmant ne pas se lasser d’inviter à prier pour ce pays. Il a lancé un appel à ce que «les prisonniers de guerre soient libérés et les enfants rapatriés».

Le pontife a aussi remercié les membres de la ROACO pour leur attention particulière pour «la situation humanitaire des personnes déplacées dans la région du Karabakh». Il a remercié pour sa participation l’évêque Gevork Saroyan, de l’Église apostolique arménienne (indépendante de Rome) et lui a demandé de transmettre ses «salutations fraternelles» au patriarche Garéguine II.

Le pape a enfin évoqué la situation de la diaspora, soulignant à quel point les populations chrétiennes d’Orient se retrouvaient souvent plus nombreuses hors de leur pays d’origine. «Aujourd’hui, comme jamais auparavant, tant de chrétiens d’Orient fuient les conflits ou émigrent à la recherche d’un travail et de meilleures conditions de vie.»

Il a annoncé avoir demandé au dicastère pour les Églises orientales de mettre en place des normes pour aider les pasteurs de l’Église latine à «soutenir les catholiques orientaux de la diaspora», notamment en maintenant leurs rites «bien vivants».

La mission de la ROACO, a insisté le pape, n’est pas de «se livrer à des analyses géopolitiques», mais de «discerner les meilleurs moyens de se rapprocher de nos frères et sœurs de l’Est et de soulager leurs souffrances». (cath.ch/imedia/cd/rz)

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