Un bras de fer s’est entamé ces derniers mois entre Rome et l’Église catholique en Allemagne qui a achevé en 2023 un synode aux conclusions réformistes. Le point le plus brûlant est la proposition de mettre en place un « conseil synodal » dans lequel des laïcs pourraient participer à la gouvernance des diocèses et peser dans les décisions de la conférence épiscopale. Le Saint-Siège s’est opposé à de nombreuses reprises à ce projet, considérant qu’il remet en cause l’autorité de l’évêque.
Des représentants de la conférence des évêques d’Allemagne (DBK) ont rencontré une nouvelle fois le 28 juin des cadres de la Curie romaine, dont quatre préfets de dicastère (Doctrine de la foi, Évêques, Unité des chrétiens, Culte divin et discipline des sacrements) et le secrétaire d’État du Saint-Siège, le cardinal Pietro Parolin.
Cette réunion faisait suite à la rencontre du 22 mars dernier, durant laquelle les membres de la DBK avait assuré qu’ils veilleraient à se conformer aux dispositions du Concile Vatican II et du droit canonique – le droit interne à l’Église –, et qu’ils soumettraient leurs décisions au Saint-Siège.
Faisant état d’une « atmosphère positive, ouverte et constructive », le communiqué conjoint relate que les évêques allemands ont présenté leurs récents travaux sur les dimensions théologiques et juridiques d’un éventuel « organisme synodal national ». Avec les cadres de la Curie, ils ont parlé en particulier de droit canonique.
À présent, indique la note, une commission allemande sera instituée pour traiter des questions soulevées par un tel organe synodal, en « lien étroit » avec une commission vaticane analogue. Rome demande « une modification du nom et de différents aspects » du projet actuel. Quant au statut de l’organe en projet, il a été convenu qu’il ne serait « pas au-dessus ni au même niveau que la Conférence épiscopale », peut-on lire encore.
En février dernier, le Saint-Siège avait fait pression sur les évêques allemands réunis en assemblée pour bloquer le lancement d’un « comité synodal », une entité temporaire censée préparer la création d’un ›conseil synodal’ d’ici 2026. Grande voix dans l’Église catholique aujourd’hui, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, en Autriche, avait pour sa part mis en garde les évêques allemands contre un risque de « schisme ».
La prochaine réunion bilatérale aura lieu après la conclusion du Synode de l’Église catholique entrepris depuis 2021 – grand chantier de réflexion censé rendre l’Église plus participative et moins cléricale – et dont la dernière session doit se dérouler à Rome en octobre prochain. (cath.ch/imedia/ak/mp)
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