L’évêque de Namur tire la sonnette d’alarme
Bruxelles, 2 juillet 1998 (APIC) Un projet de loi voté le 19 mars par les députés belges, et qui risque de passer bientôt au Sénat, va-t-il instaurer une cohabitation légale entre personnes faisant une déclaration de « vie commune »? L’évêque de Namur, Mgr André-Mutien Léonard, s’en inquiète. Pour lui, ce projet n’est pas aussi innocent qu’il paraît à première vue. C’est, craint-il, « le premier pas – encore timide actuellement – en direction d’une marginalisation du mariage »
L’évêque tire la sonnette d’alarme dans la rubrique « Opinion » du journal « La Libre Belgique » du 2 juillet « La logique de la démarche est – certains parlementaires ne s’en cachent pas – de parvenir un jour à ce que le mariage apparaisse comme une simple forme, parmi d’autres, de ’’cohabitation’’, écrit-il. Réservée à ceux qui ont envie de ce ’’carcan’’ juridique que serait l’institution conjugale… »
Quant à la visée ultime du projet, au moins pour certains, note Mgr Léonard, c’est, « sous la poussée du lobby homosexuel », de parvenir à une reconnaissance légale du « couple » homosexuel, qui l’assimilerait largement au mariage. Car on n’en est pas à une contradiction près, dit-il: « ceux qui marginalisent le mariage ou le discréditent sont les mêmes qui le réclament pour les gays et les lesbiennes! »
Pour l’évêque de Namur, on est en pleine confusion des mots et, plus encore, des réalités. Il nuance: « Ceux et celles qui sont habités par une tendance homosexuelle méritent, en tant que personnes, le respect et si, comme adultes consentants, ils s’engagent dans une relation homosexuelle, la société n’a pas a réprimer leur comportement. S’ils veulent même se donner mutuellement une sécurité juridique et sociale, ils pourraient bénéficier, comme d’autres, de contrats d’union des biens régis par la loi. Mais aller plus loin et vouloir donner au partenariat homosexuel un statut qui l’assimile peu ou prou au mariage, c’est brouiller les points de repère les plus essentiels de la société, ceux qui permettent aux adultes et aux enfants de se situer les uns par rapport aux autres ».
L’affaire de tous
On n’en est pas encore là? Mgr Léonard renvoie de son côté à l’exemple des Pays-Bas et surtout des pays scandinaves, qui montrent qu »’en ces matières les dérives sont aussi rapides que funestes ». Au moment où l’institution familiale est « fragilisée par les modèles dominants de la culture, pénalisée fiscalement, minée par la banalisation du divorce », il se demande pourquoi, « par surcroît, poser les premiers jalons d’une stratégie qui aboutira à la marginaliser dans ses fondements mêmes ».
L’évêque signale que l’Église n’est pas la seule à s’alarmer: « par-delà les clivages idéologiques, nombre d’hommes et de femmes sont gravement préoccupés de cette situation ». Aussi leur demande-t-il de faire entendre leur voix. « Défendre la famille n’est pas l’apanage de l’extrême-droite, comme on voudrait parfois le faire croire, écrit-il. C’est l’affaire de tous ceux qui sont légitimement attachés à la cellule fondamentale de la vie sociale et à la meilleure garantie du bonheur humain. C’est notre affaire à tous ». (apic/cip/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/belgique-mgr-leonard-s-inquiete-va-t-on-marginaliser-le-mariage/