Cette communication concerne le cas de 56 prétendues apparitions de la Vierge Marie à la laïque néerlandaise Ida Peerdeman, survenues entre 1945 et 1959. Selon la « voyante », la Madone se serait présentée à elle sous le nom de ‘Dame de tous les Peuples’, et lui aurait fait des révélations sur l’avenir de l’humanité – notamment sur le déclenchement de conflits ou sur la décadence de l’Église et des papes.
L’évêque d’Amsterdam au moment des faits, Mgr Johannes Huibers, a dans un premier temps donné son approbation au culte et au titre de ‘Dame de tous les peuples’ avant de réviser son jugement en 1956. Consultée à trois reprises par cet évêque et ses successeurs, la congrégation pour la Doctrine de la foi a soutenu leur condamnation et interdiction du culte en 1957, 1972 et 1974 – mais sans déclaration publique.
En 1996, Mgr Hendrik Bomers, évêque d’Amsterdam a décidé d’autoriser la vénération publique de la ‘Dame de tous les peuples’, tout en insistant sur le fait qu’il ne se prononçait pas sur le caractère surnaturel des apparitions. Il a affirmé que sa décision avait été autorisée par la congrégation pour la Doctrine de la foi (alors dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger).
Plus récemment, le Saint-Office est cependant sorti de son silence dans des courriers envoyés à la conférence épiscopale des Philippines en 2005 puis au cardinal-patriarche maronite Béchara Boutros Raï en 2020. Dans ces derniers, il est affirmé que «les apparitions d’Amsterdam sont fausses. La ‘Dame de tous les Peuples’ ne doit pas être vénérée et les fidèles doivent cesser toute propagande».
Dans les deux cas, la Doctrine de la foi insistait sur le fait que le jugement qui faisait foi était celui de 1974, comme le fait à nouveau le dicastère dirigé désormais par le cardinal Victor Manuel Fernández dans son communiqué. Ce dernier rappelle néanmoins que jusqu’à récemment, son dicastère «n’avait pas l’habitude de rendre publiques les décisions concernant les phénomènes surnaturels allégués».
Il s’agit de fait de la troisième clarification d’un phénomène surnaturel effectuée par le DDF en quelques semaines seulement, après le cas des apparitions de Trevignano et celui de Fontanelle, selon l’application des nouvelles normes édictées le 17 mai dernier. Cette fois-ci, le préfet affirme avoir souhaité publier ces informations pour que «le saint Peuple de Dieu et ses pasteurs en tirent les conséquences».
Le cardinal explique qu’en 1974, les membres de la congrégation ont approuvé à l’unanimité d’une part le «constat de non supernaturalité» des apparitions, et d’autre part la décision de ne plus enquêter sur ces dernières. Ces deux décisions ont été approuvées par le pape Paul VI en personne le 5 avril 1974.
Contrairement à plusieurs récentes publications, le dicastère ne rentre pas dans les détails de son enquête sur ce cas. On peut néanmoins noter que la voyante Ida Peerdeman présentait la Vierge Marie comme «corédemptrice», un titre qui laisse entendre que comme Jésus, elle participe à la rédemption de l’humanité. Cette position a justement été condamnée dans un jugement du DDF publié le 8 juillet dernier concernant les apparitions de Fontanelle en Italie, le cardinal Fernández y rappelant que «Jésus-Christ est notre unique rédempteur».
La ‘Dame de tous les peuples’ influence la spiritualité de plusieurs communautés nouvelles. C’est le cas de la Famille de Marie, mise sous tutelle par le Vatican en juin 2022, pour des suspicions d’abus psychologiques et spirituels. (cath.ch/imedia/cd/rz)
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