Rome: Publication des «Lineamenta» pour le Synode des évêques de l’an 2000:

Le secret de l’évêque: l’espérance

Rome, 12 juillet 1998 (APIC) Le prochain Synode ordinaire des évêques qui se déroulera à l’automne de l’an 2000 aura pour thème: «L’évêque, serviteur de l’Evangile de Jésus-Christ pour l’espérance du monde». «Le secret de sa mission est l’inflexibilité de son espérance», disent les «Limeamenta» pour la préparation de ce Synode publiés à Rome le 10 juillet.

Le bulletin de la salle de presse du Saint-Siège publie en italien un résumé en 7 pages des «Lineamenta» pour cette 10ème Assemblée générale ordinaire des Evêques. Ce document en cinq chapitres, adressé aux évêques du monde entier, comporte également un questionnaire destiné à la préparation directe de l’Assemblée.

Une nouvelle mise en valeur du rôle de l’évêque s’impose «d’urgence» aujourd’hui, affirment les «Lineamenta». Parmi les obstacles soulignés, la «diminution de la ferveur et le caractère toujours plus subjectif de la foi», mais aussi les «pièges et les menaces contre la famille et la vie humaine», ou encore «la disproportion entre la croissance numérique des vocations et les exigences des fidèles». Le premier chapitre dénonce encore les effets de la permissivité morale, le manque de formation religieuse, et la raréfaction de l’expérience de vie liturgique et ecclésiale qui exposent les fidèles à l’attraction des sectes et aux nouvelles formes de religiosité.

Les évêques sont des «serviteurs de la communion par l’espérance».

Le ministère de l’évêque est à comprendre à l’intérieur du mouvement de l’Eglise qui tient sa communion de la Sainte Trinité. «Le ministère épiscopal est en relation avec le Christ et les Apôtres. Il trouve son origine dans le Christ et se développe dans la succession apostolique», rappellent les «Limeamenta».

Le document souligne ici l’importance de la relation de l’évêque aux personnes consacrées; la vie consacrée représentant symboliquement dans l’Eglise l’»épouse» du Christ et constituant un «élément décisif pour sa mission». En relation aux laïcs, le texte rappelle que le ministère de l’évêque est directement lié à la dignité du baptême qui rend les baptisés participants du sacerdoce du Christ. Pour eux en particulier, l’évêque doit être témoin de l’espérance, parce qu’ils sont directement en prise avec les difficultés de ce monde.

Le texte mentionne ensuite la relation fraternelle de l’évêque au collège épiscopal et à son chef, le Successeur de Pierre, «principe et fondement visible de l’unité de la foi et de la communion».

Enseigner, sanctifier, gouverner,

Enseigner, sanctifier, gouverner, telle est la triple charge des évêques. Le ministère de la Parole rassemble l’Eglise, le ministère sacramentel la sanctifie, le ministère de gouvernement la guide. Telle est la charge du pasteur: là s’exercent sa sollicitude et sa charité pastorales. L’évêque manifeste ainsi «l’amour du Christ pour son peuple».

Le «devoir missionnaire de l’évêque est fondé sur le mandat confié par le Christ ressuscité à ses Apôtres et concerne tous les peuples», souligne le chapitre suivant. Le texte insiste sur le dialogue interreligieux et sur le dialogue avec les non-croyants, comme appartenant à la charge de l’évêque. Là, «les chrétiens doivent toujours témoigner de leur propre espérance dans le Christ, unique Sauveur de l’homme». «Le Christ est l’accomplissement de toutes les espérances».

Cette partie des Lineamenta contient également des recommandations pour les relations entre l’Eglise et la société civile et inclut les thèmes de la justice et de la paix. Le document souligne la responsabilité des évêques envers le monde, et en particulier dans l’enseignement de la doctrine sociale de l’Eglise. En même temps, le texte réaffirme la nécessité pour l’évêque de reconnaître la séparation entre la communauté civile et l’Eglise, l’autonomie de l’Etat, et d’éviter la confusion entre foi et politique. L’évêque doit «être au service de tous, en tant que gardien du caractère transcendant de la personne humaine, et comme signe d’espérance». Et de souligner l’importance de la sollicitude de l’évêque pour les pauvres et le développement intégral de l’homme.

L’exigence de sainteté de la vie de l’évêque

L’évêque doit être le «ministre de l’Evangile de l’espérance». Le chapitre V suggère les dimensions de la spiritualité de l’évêque – en tant que père et pasteur, évangélisateur, célébrant et guide de la communauté-, ancrée dans le sacrement du baptême et la plénitude du sacrement de l’ordre.

L’espérance, appartient au premier chef au «chemin spirituel de l’évêque». Le document recommande la lecture «assidue» de la Sainte Ecriture et son étude, comme conditions, avec la prière, de son «assimilation». La prière, est le «lieu privilégié de l’expression de l’espérance». Le texte insiste ensuite sur l’»amicitia Christi», l’amitié avec le Christ, caractéristique indispensable de l’évêque. Les «Lineamenta» reviennent aussi sur le besoin qu’ont les fidèles de voir l’évêque administrer les sacrements, dont l’onction des malades.

Le document s’achève en évoquant la place de Marie, Reine des Apôtres, dans la spiritualité épiscopale, comme «premier témoin et modèle» de l’espérance. (apic/imed/mp)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-publication-des-lineamenta-pour-le-synode-des-eveques-de-l-an-2000/