En annonçant avoir réintégré ses fonctions d’archevêque de Québec, le cardinal Lacroix indique qu’il confie à Mgr Marc Pelchat, son évêque auxiliaire, la gestion de l’action collective et le traitement des allégations d’abus. Il assure de son «respect» pour le processus judiciaire entamé au civil.
Le nom du cardinal Cyprien Lacroix est apparu en janvier dernier dans une liste de membres de l’Église catholique au Canada visés par une action collective qui rassemble les plaintes de 147 victimes potentielles. Il y est accusé d’«attouchements» par une personne – restée anonyme – qui était âgée de 17 ans au moment des faits (en 1987-1988).
En février, le pape François a mandaté un juge pour mener une enquête préliminaire. « À la lumière des faits examinés par le juge André Denis, le rapport ne permet pas d’identifier quelque geste d’inconduite ou d’abus de la part du cardinal Gérald C. Lacroix. En conséquence, une procédure canonique plus poussée n’est pas envisagée », a annoncé le Vatican en mai dernier.
En publiant ses conclusions, le magistrat canadien André Denis a expliqué n’avoir trouvé aucune preuve de culpabilité à l’encontre du cardinal, reconnaissant cependant que son enquête n’était pas concluante, faute de contact avec la plaignante. La victime présumée n’a en effet pas collaboré à l’enquête préliminaire.
Malgré les conclusions vaticanes, le cardinal Lacroix, qui a toujours nié catégoriquement les faits, avait choisi jusqu’à présent de demeurer discret en poursuivant le retrait temporaire de son ministère public comme archevêque de Québec. « Je réévaluerai ma décision périodiquement », avait-il alors précisé.
Deux mois plus tard, celui qui a le titre de primat du Canada a finalement décidé de reprendre ses activités et sa vie publique dans le diocèse. « Ce fut un difficile cheminement, mais les conclusions de l’enquête du juge Denis, le soutien de mon entourage et la possibilité de me faire entendre, qui pourrait résulter de la demande d’intervention, m’amènent à reprendre sereinement mon ministère », écrit-il.
Le diocèse a entamé une réflexion afin de réviser les modalités d’application des suspensions en cas d’abus, précise par ailleurs le communiqué.
En parallèle, l’affaire se poursuit au civil. Un premier jugement – susceptible d’appel – sur les affaires du recours collectif doit être rendu en 2025. De ce fait, tous les cas individuels, comme celui du cardinal, sont suspendus.
Le diocèse de Québec informe qu’une demande d’intervention dans l’action collective a été déposée par certaines personnes visées par des allégations – dont le cardinal Lacroix –, affirmant leur intention d’être personnellement partie prenante du processus. La Cour doit se prononcer sur cette demande « au cours des prochains mois ».
En attendant, le cardinal célèbrera la messe de la sainte Anne, le 26 juillet, au sanctuaire national Sainte-Anne-de Beaupré, que le pape François a visité en juillet 2022. (cath.ch/imedia/ak/mp)
Maurice Page
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