Au total, plus d’un demi-millier de cas d’agressions sexuelles et de viols, dont certains remonteraient à 2010, ont été dénoncés par des filles et garçons indigènes Awajun qui fréquentaient les écoles publiques de la province de Condorcanqui, dans le nord du Pérou. Le 30 mai 2024, la présidente du Conseil des femmes Awajun, Rosemary Pioc, a fait état de 524 cas concernant des garçons et des filles dans des internats. Mais certains ministres avaient alors tenté de minimiser ces violences en invoquant des « pratiques culturelles », suscitant ainsi l’indignation de la population.
Les autorités péruviennes ont annoncé le 17 juin l’ouverture d’une enquête. Selon R. Pioc, 111 enseignants ont été exclus des salles de classe, 72 acquittés et quatre envoyés temporairement dans le cadre de cette affaire.
« Nous demandons au ministère public et à la Justice de rechercher la vérité, de protéger les victimes et de sanctionner, de manière exemplaire et rapide, les responsables de ces actes exécrables », déclarent les évêques.
Reprenant les propos du pape François, les évêques du Conseil permanent relèvent que ces abus sont toujours la conséquence d’un abus de pouvoir. La position d’infériorité de la personne abusée permet de manipuler sa conscience et sa fragilité psychologique et physique.
Huit ans après la publication des observations finales du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies sur le Pérou, il est préoccupant de constater que le pays ne respecte toujours pas son obligation d’éliminer la discrimination structurelle à l’encontre des enfants indigènes et afro-péruviens vivant dans des zones rurales et reculées, dans la pauvreté et sans services de base, dénoncent les prélats. «Cette responsabilité fondamentale de la société civile de veiller au bien-être global des enfants ne peut être sacrifiée sur l’autel de la négligence», concluent-ils. (cath.ch/com/mp)
Maurice Page
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