La mission principale des 100 employés de l’APSA, officiellement la « banque du Vatican », concerne la gestion d’un parc de 4’249 biens immobiliers en Italie. Sur ceux-ci, 1’028 (70% en termes de surface) ne génèrent aucun loyer, et 1’203 biens sont accordés avec un loyer subventionné. Le Saint-Siège gère aussi environ 1’200 biens immobiliers à l’étranger par l’intermédiaire de sociétés lui appartenant à 100%, notamment 752 biens à Paris, 344 en Suisse (Genève et Lausanne) et 24 à Londres.
En 2023, la section immobilière de l’APSA affiche un résultat de 35 millions d’euros, en nette baisse par rapport à 2022 (52.2 millions d’euros). Cependant, cette baisse s’explique principalement par l’obtention en 2022 d’un avantage fiscal exceptionnel de plus de 20 millions d’euros de la part de la filiale suisse de l’APSA, indique le Saint-Siège.
L’APSA investit aussi ses fonds et ceux de certaines entités de la Curie dans des produits financiers, assurant « diversifier les investissements » et « répartir les risques tout en générant le meilleur rendement possible ». Depuis la publication de la nouvelle constitution apostolique Praedicate Evangelium en 2021, tous les investissements sont centralisés par l’APSA et effectués, depuis 2022, sous la supervision d’un Comité pour les investissements.
En 2023, ce secteur affiche un résultat de 27,6 millions de bénéfices, en nette hausse après une année 2022 délicate (-6,7 millions d’euros). Ce résultat s’explique par une augmentation de la valeur de son portefeuille d’actions (+9%) et de sa réserve d’or (+8,9%), et par une réduction de la perte de valeur de ses actifs.
Praedicate Evangelium prévoit normalement que les investissements mobiliers gérés par l’APSA soient confiés à l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), l’institut financier du Vatican. Cependant, cette partie de la réforme de la Curie prend beaucoup de temps à être appliquée, confiait récemment à I.MEDIA un haut responsable de l’économie vaticane. Pour l’heure, l’IOR ne gère toujours pas les actifs mobiliers de l’APSA.
Une partie des revenus de l’APSA (37,93 millions d’euros en 2023) est reversée à la Curie pour assurer son fonctionnement. Elle finance d’autres activités annexes comme la Peregrinatio ad Petri Sedem, une entité chargée d’aider les fidèles à effectuer le pèlerinage à Rome, ou encore la gestion de bâtiments de la Curie, comme les nonciatures, pour un coût en 2023 de 16,7 millions d’euros.
Le religieux salésien Giordano Piccinotti, qui s’est vu confier la direction de l’APSA en octobre dernier, annonce que l’APSA devra commencer à financer le projet de conversion énergétique du Vatican à l’énergie solaire en 2024. Il assure vouloir continuer de valoriser le patrimoine immobilier du petit État, notamment en permettant une commercialisation de certaines unités non occupées. (cath.ch/imedia/cd/mp)
I.MEDIA
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