Le BJP nationaliste par en guerre

Inde: Les Eglises de Delhi qui utilisent du vin risquent de perdre leur statut officiel

Nagpur, 16 juillet 1998 (APIC) Le gouvernement du territoire de l’Union de Delhi, dirigé par le Parti de la droite nationaliste hindoue, le BJP (Bharatiya Janata Party) envisage de rayer les Eglises chrétiennes de la liste officielle des lieux de culte. L’Eglise catholique est particulièrement visée. Motif: les Eglises qui utilisent du vin risquent ni plus ni moins d’être interdites, car boire du vin dans un lieu religieux, dit-on dans les milieux de la droite nationaliste, équivaut à un sacrilège.

Ministre des contributions indirectes du gouvernement de Delhi, Rajendra Gupta a en effet recommandé la suppression du statut officiel des Eglises. Il a apparemment reçu le feu vert du Premier ministre de Delhi, Saheb Singh Verma.

Le territoire de Delhi compte quelque 12 millions d’habitants, entre autres environ 100’000 chrétiens – membres de l’Eglise catholique, de l’Eglise de l’Inde du Nord, de l’Armée du Salut, des Assemblées de Dieu, de l’Eglise Mar Thoma, des Eglises méthodiste, luthérienne, orthodoxe et baptiste.

Selon Rajendra Gupta, boire du vin dans des lieux religieux équivaut à un sacrilège. La question a été portée à son attention lorsque l’Eglise catholique demandé l’autorisation d’acheter 20’000 litres de vin de Goa. Or une autorisation est exigée pour l’achat en gros de vin. Mais selon la réglementation, les points de vente des boissons alcoolisées ne sont pas autorisés à moins de 75 mètres d’un lieu de culte, y compris les temples, les églises et les mosquées.

Pour Rajendra Gupta, «boire est une habitude sociale. Il ne veut pas que «des personnes ivres pénètrent dans un lieu de culte». Si le vin était servi dans les églises, pourquoi, fait-il observer le plus sérieusement du monde, celles-ci devraient-elles figurer sur la liste des lieux religieux?

La demande d’autorisation de l’Eglise catholique se situe dans la même catégorie que les demandes concernant le commerce des alcools, estime encore Rajendra Gupta. Il semble que le BJP attend un avis juridique avant que le gouvernement ne prenne une décision.

Troisième tentative

Selon certains observateurs, Rajendra Gupta a essayé trois fois déjà de faire adopter la loi par le gouvernement de Delhi. En vain pour l’instant.

L’abbé George Pereira, porte-parole de la Conférence épiscopale d’Inde, a souligné qu’»une église est un lieu religieux, un lieu de culte. La rayer de la liste officielle lui ôtera son caractère sacré». Le Conseil national des Eglises devrait organiser une rencontre avec les responsables d’Eglise et publier une déclaration.

La démarche du BJP, réélu à Delhi en mars, pourrait provoquer un vent d’inquiétude dans le pays car, depuis les récentes élections générales de mars, le BJP contrôle le gouvernement national. (Plus de 80 % des Indiens – sur une population de 950 millions – sont hindous; quelque 12 % sont musulmans, et 2 % chrétiens. L’Inde compte aussi un grand nombre de sikhs, bouddhistes et jaïns.)

Plusieurs groupes liés au BJP – comme Vishwa Hindu Parishad, Rashtriya Sewak Sangh, et Bajrang Dal – s’emploient depuis plusieurs mois à prôner ouvertement les valeurs du fondamentalisme hindou. (apic/eni/pr)

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