En mars dernier, par des nouveaux statuts et un nouveau règlement, le pape François a modifié en profondeur la gouvernance du Chapitre de la basilique Sainte-Marie-Majeure, l’une des quatre basiliques majeures de Rome, située au sommet de la colline de l’Esquilin, non loin de la grande gare de Termini.
Comme pour les autres basiliques, Sainte-Marie-Majeure dispose d’un chapitre composé d’un cardinal archiprêtre, de 12 chanoines, de chanoines honoraires et de coadjuteurs. Ce collège assume des fonctions liturgiques et pastorales pour animer la vie de la basilique dont l’origine remonte traditionnellement à une apparition de la Vierge Marie au pape Libère le 5 août 358.
Le 19 mars, le pape François a officiellement déchargé les chanoines de toutes les tâches économiques et administratives afin qu’ils se concentrent sur l’accompagnement des pèlerins. Réorganisant la gouvernance du chapitre, il a créé les fonctions de «délégué à la pastorale» et de «délégué à l’administration». C’est ce poste, occupé temporairement par l’archiprêtre coadjuteur Mgr Rolandas Makrickas, que prendra donc Roberto Romano à partir du 1er septembre et pour un mandat de 5 ans renouvelable.
Le laïc italien était jusqu’à présent chef de bureau à la direction des Musées et des Biens culturels du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican. En tant que délégué à l’administration, il siègera au Conseil d’administration de la basilique, aux côtés du délégué à la pastorale, de l’archiprêtre, d’un représentant du Gouvernorat et d’un autre de l’Administration du patrimoine du Siège Apostolique (APSA), la banque centrale du Vatican.
C’est ce conseil qui a notamment la charge de fixer les émoluments à verser aux prêtres, religieux et laïcs qui travaillent pour la basilique et le chapitre. Les nouveaux statuts prévoient en outre que les chanoines présentent au délégué la «documentation complète sur leur emploi, leurs revenus, leur situation en matière de sécurité sociale et de pension, afin qu’il puisse déterminer le montant de l’émolument mensuel dû à chacun d’eux».
Cette nomination est la poursuite d’un long processus de reprise en main par le pape de la gestion économique de la basilique. En décembre 2021, il avait nommé Mgr Rolandas Makrickas commissaire extraordinaire pour gérer les biens économiques du chapitre, après de graves problèmes de gestion.
En 2015, l’ancien économe de la basilique romaine, Mgr Bronislav Morawiec, avait été condamné en appel par le Tribunal suprême de la Signature apostolique, la plus haute juridiction du Saint-Siège, à deux ans de prison avec sursis pour « fraude qualifiée ». En 2009, le prêtre polonais avait acheté un appartement de 210’000 euros pour le compte de la basilique papale, par le biais d’une société fictive suisse.
Si l’on omet la basilique Saint-Pierre, Sainte-Marie Majeure est l’église la plus visitée par le pape François au cours de son pontificat. On compte depuis son élection en 2013 quelque 115 passages de l’Argentin qui vient se recueillir notamment devant l’icône de la Vierge Marie ›Salut du peuple romain’ (Salus populi romani).
François s’y rendra de nouveau le 5 août prochain pour commémorer le « miracle de la neige », à l’origine de l’édifice. Selon la légende, dans la nuit du 4 au 5 août de l’an 358, la Vierge apparut en songe au pape Libère (352-366) pour lui demander de bâtir une église en son honneur en un lieu qu’elle aurait miraculeusement indiqué. Le lendemain matin, en plein mois d’août, la colline de l’Esquilin apparut recouverte de neige, signe de la volonté de la Madone.
François a confié à plusieurs reprises sa volonté d’être enterré dans cette basilique. Certains supputent qu’en cas de démission, le pape pourrait aussi choisir de vivre les dernières années de sa vie à Sainte-Marie-Majeure, où des travaux auraient été réalisés. D’après une source vaticane et une source romaine concordantes, un appartement sécurisé aurait été préparé pour lui dans l’espace des chanoines. Mais aucune source officielle n’a pu confirmer cette information.
Dans sa biographie Vivre, Mon histoire à travers la grande Histoire (Harper Collins), publiée en mars 2023, le pontife argentin évoquait cette possibilité. Il expliquait considérer que le ministère pontifical est « ad vitam » et ne pas voir « de conditions pour y renoncer » tout en reconnaissant que les choses pourraient être différentes en cas de « grave empêchement physique ». Si cela devait arriver, il précisait qu’il ne porterait pas le titre de « pontife émérite », mais qu’il s’installerait dans la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome, pour reprendre son ministère de « confesseur » et pour « porter la communion aux malades ». (cath.ch/imedia/hl/mp)
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