Honorius III (1216-1227)
Le 182e pape joua un rôle essentiel dans le développement de l’ordre dominicain, en validant la règle de saint Dominique par la bulle Religiosam Vitam (1216), et dans celui de l’ordre franciscain avec la bulle Solet annuere (1223), reconnaissant la règle de saint François d’Assise. Il lança la Cinquième croisade, conformément à une demande formulée par le Concile du Latran en 1215. Il fut aussi, dans le cadre d’une alliance avec le roi de France Louis VIII, un fervent soutien de la croisade des Albigeois, afin de lutter contre l’hérésie cathare.
Nicolas IV (1288-1292)
Ancien ministre général des franciscains, Jérôme d’Ascoli fut difficilement élu pape sous le nom de Nicolas IV après un conclave qui dura plus de dix mois. Ses quatre années de pontificat furent notamment marquées en 1289 par la reconnaissance du tiers-ordre franciscain et par la fondation de l’université de Montpellier.
Saint Pie V (1566-1572)
Le 225e pape, a marqué l’histoire de l’Église en appliquant rigoureusement les décisions du Concile de Trente et en généralisant le rite tridentin, connu encore aujourd’hui comme le ›rite de saint Pie V’. Ce religieux dominicain, bien plus austère que ses prédécesseurs, avait tenu à conserver la tenue blanche de son ordre et il est ainsi à l’origine de la soutane blanche communément portée par les papes.
Ses six années de pontificat furent marquées par un redressement moral et une expansion missionnaire de l’Église. La publication d’un Catéchisme dès 1566, d’un bréviaire en 1568, la création de la congrégation de l’Index en 1571 et la victoire de Lépante contre les Turcs la même année sont également associées à ce pontificat relativement court mais très dense. Il est le seul des pontifes enterrés à Sainte-Marie Majeure à avoir été béatifié et canonisé.
Sixte V (1585-1590)
Le 227e pape – communément appelé ›Sixte Quint’ par les historiens – fut un pape bâtisseur. Ses cinq ans de pontificat furent marqués par de grands travaux dont l’impact se fait encore sentir aujourd’hui à Rome, avec notamment le déplacement de l’obélisque de la place Saint-Pierre et la finition du dôme de la basilique Saint-Pierre, ainsi que le percement de grandes artères faisant de la basilique Sainte-Marie-Majeure le centre de Rome.
Il fut aussi l’artisan d’une modernisation des États pontificaux sur le plan juridique et canonique. En 1586, il fixa à 70 le nombre des cardinaux, établissant également la liste des églises romaines leur étant attribuées. Elle restera en vigueur jusqu’au XXe siècle. Sixte Quint promulgua par ailleurs la première Constitution apostolique régissant l’organisation de la Curie romaine, Immensa Aeterni Dei (1588).
Clément VIII (1592-1605)
Le règne de ce pape fut notamment marqué par la conversion du roi de France Henri IV, qui mettra fin à trois décennies de guerre de religion, mais aussi par l’exécution de Giordano Bruno sur la place Campo dei Fiori, qui continue aujourd’hui à cristalliser l’opposition de la Rome anticléricale à ›l’absolutisme papal’. Cette exécution se déroula en plein Jubilé de l’an 1600, qui attira trois millions de pèlerins à Rome. Clément VIII fut d’abord enterré à la basilique Saint-Pierre mais son cercueil fut transféré à Sainte-Marie-Majeure en 1646.
Paul V (1605-1621)
Paradoxalement, ce pape dont le nom est gravé sur le fronton de la basilique Saint-Pierre, dont il avait mené le chantier à son achèvement en 1612, n’y est pas enterré. Ce pape issu de la famille Borghèse fut notamment à l’origine des Archives secrètes du Vatican et d’un renforcement du droit canonique, notamment dans le sens d’un gouvernement effectif des évêques dans leur diocèse, mettant ainsi un terme à des cumuls de charges symboliques. Il fut aussi celui qui établit les premiers contacts avec le Japon. À noter que la lignée des papes Paul s’est ensuite interrompue durant 332 ans, jusqu’à l’élection en 1963 de Giovanni Battista Montini qui a choisi le nom de Paul VI.
Clément IX (1667-1669)
Ce pape au règne éphémère a laissé une trace dans l’histoire en étant à l’origine de la «paix clémentine», liée à sa médiation en 1668 lors de la Guerre de dévolution qui opposa la France, l’Angleterre, l’Espagne et la Hollande. Cet artiste et poète, passionné d’opéra dont il a rédigé des livrets, était aussi un homme proche des pauvres qu’il aimait confesser comme un simple prêtre. Il fut aussi à l’origine du chantier des colonnades du Bernin et de l’installation des anges du pont Saint-Ange.
S’il faut donc remonter 355 ans en arrière pour retrouver un pape ayant fait le choix de se faire enterrer à Sainte-Marie Majeure, la demande du pape François d’avoir sa sépulture hors du Vatican ne marque pas en soi une rupture dans l’histoire de l’Église, puisque ce fut le cas de 116 de ses prédécesseurs.
Huit d’entre eux sont enterrés en France, notamment en raison de l’exil de la papauté en Avignon, le dernier étant le bienheureux Urbain V (1362-1370), enterré à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. La visite récente du pape François dans la cité phocéenne a été l’occasion de se repencher sur le destin confus du cercueil de ce pape, probablement profané et perdu lors des troubles révolutionnaires. Ce n’est qu’en 1980 que fut installé dans cette abbaye un simple moulage du gisant de ce pape, afin de lui attribuer une sépulture symbolique.
La très grande majorité des papes reposent naturellement à Rome, mais ils sont répartis dans plusieurs églises. Le dernier pape non-italien avant Jean-Paul II, l’éphémère pape Adrien VI (1522-1523) – considéré comme néerlandais ou allemand, puisque sa ville natale, Utrecht, faisait alors partie du Saint-Empire romain germanique – repose ainsi en l’église Santa Maria dell’Anima.
Le pape Pie IX, ›prisonnier du Vatican’ après la chute des États pontificaux en 1870, demanda ainsi à être enterré en basilique Saint-Laurent-hors-les-Murs, située à environ six kilomètres du Vatican. Le passage du cortège funèbre après son décès survenu en 1878 se fit dans un climat de violentes émeutes et d’insultes anticléricales.
Le cas de son successeur Léon XIII est particulier: il fut dans un premier temps enterré à la basilique Saint-Pierre lors de son décès en 1903, puis son cercueil a été transféré en 1924 à la basilique Saint-Jean de Latran, la cathédrale du diocèse de Rome.
En revanche les corps de ses successeurs sont restés à la basilique Saint-Pierre, de saint Pie X, décédé en 1914, à Benoît XVI, décédé en décembre 2022, près de dix ans après sa renonciation au ministère pétrinien. (cath.ch/imedia/cv/gr)
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