L’Eglise anglicane vexée
Londres, 22 juillet 1998 (APIC) Le commentaire du cardinal Ratzinger accompagnant la récente lettre apostolique du pape Jean Paul II «ad tuendam fidem» sur le devoir d’observer les vérités «définitives» n’a pas manqué de susciter l’irritation de l’Eglise anglicane. Le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi cite en effet comme exemple de vérité «définitive» les déclarations du pape Léon XIII sur l’invalidité des ordinations anglicanes.
Le primat de l’Eglise anglicane, Mgr Carey a fait connaître sa surprise et son amertume au cardinal Basil Hume, archevêque catholique de Westminster. Ce dernier a précisé qu’il n’avait été, dans cette affaire, ni informé ni consulté. Dans les milieux catholiques on estime que Rome a placé ainsi Mgr Hume dans un grand embarras œcuménique.
Dès sa publication en 1896, la bulle «Apostolicae curae» du pape Léon XIII sur l’invalidité des ordinations anglicanes avait suscité des interprétations divergentes. Au cours des dernières décennies des théologiens des deux bords étaient parvenus à la conclusion qu’au vu des développements récents de l’œcuménisme cette question était à revoir sur de nouvelles bases. Les relations entre anglicans et catholiques ont été également ralenties par la décision des Eglises anglicanes d’autoriser l’accès des femmes au sacerdoce.
On s’étonne aujourd’hui en Angleterre que le Vatican saisisse l’occasion de ce «motu proprio» de Jean Paul II pour renforcer les prescriptions de Léon XIII vieilles d’un siècle. Selon des sources anglicanes, le cardinal Edward Cassidy, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens n’aurait pas non plus été consulté. (apic/kap/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/londres-lettre-apostolique-du-pape-ad-tuendam-fidem/