L’existence de cette maladie du sommeil est connue depuis longtemps. Aux alentours du 14e siècle, les Arabes de l’Afrique de l’Ouest étaient familiarisés aux symptômes de la maladie et les historiens pensent que ce fléau a joué un grand rôle dans la disparition de plusieurs royaumes florissants du bassin du Niger. Très rapidement, les marchands d’esclaves ont établi un lien entre cette affection et les ganglions cervicaux enflés. Ce critère interviendra d’ailleurs dans le choix de leurs victimes, car l’expérience leur avait appris que les malades du sommeil n’avaient aucune valeur marchande.

Des marchands d’esclaves aux invasions arabes stoppées

L’intérieur de l’Afrique centrale est restée en grande partie isolée jusqu’à la seconde moitié du siècle dernier. Mais on a pu établir que la trypanosomiase animale, fatale pour les chevaux et les bêtes de traits des conquérants, a enrayé l’invasion arabe. Quant à la colonisation occidentale, elle s’est longtemps limitée aux zones côtières. Le manque de connaissance de la maladie et les situations chaotiques du début de la colonisation ont fait qu’on ne dispose aujourd’hui que de très peu de chiffres précis sur cette période.

Le Belge Simon Van Nieuwenhove, spécialiste de la maladie, suppose que la maladie du sommeil s’est répandue à grande échelle à partir de foyers autrefois bien délimités. Selon lui, des épidémies dramatiques ont décimé la population de territoires étendus. L’une des endémies les plus meurtrières a débuté aux environs de 1901 dans la région de Eusoga, en Ouganda. Elle a coûté la vie à 200’000 individus, sur une population de quelque 300’000 personnes. Il faudra attendre le début de ce siècle pour découvrir comment la maladie est causée et transmise. (apic/pr)

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