Son rêve est aujourd’hui presque réalisé

Il voulait faire le tour du monde en portant la croix

New York, le 27 juillet (APIC) Au seuil de l’an 2000, Arthur Blessitt, âgé de 57 ans, originaire de la Floride, est sur le point d’accomplir un rêve qu’il poursuivait depuis longtemps: porter une croix dans chaque pays de la planète en réponse à l’appel qu’il dit avoir reçu de Dieu. «C’est ma façon à moi d’obéir à Dieu», a-t-il déclaré à l’Agence œcuménique ENI. Illuminé? Ou plus simplement rêveur?

En 29 ans, il a déjà marché plus de 51’000 kilomètres durant ce périple qui l’a mené dans 276 pays, îles et territoires, le plus récemment en Irak et dans plusieurs autres pays du Moyen-Orient. Et il ne lui reste plus qu’un seul pays à visiter avec sa croix de 3,7 mètres.

Il se refuse pourtant à dire le nom de ce pays et exprime simplement l’espoir de pouvoir dire qu’il aura porté sa croix dans chaque pays du globe d’ici l’an 2000. Il confirme cependant que le pays en question se trouve en Asie et qu’il est difficile d’accès.

«Contre l’adversité, il faut agir», déclare cet homme déterminé, qui ne se laisse pas abattre. Il est aujourd’hui accompagné de sa femme Denise, âgée de 36 ans, épousée en 1990. Arthur Blessitt, dont le nom figure dans le «Guinness Book of World Records» pour le record de distance de marche à pied, a effectué une grande partie de son voyage en allant de pays en pays, par exemple en prenant la route qui va tout droit du Mexique à la Colombie.

Toutefois, à l’approche de son but – visiter chaque pays de la terre – des complications, souvent géographiques, ont obligé les Blessitt à écourter leur séjour dans certains pays. En avril, ils n’ont pu progresser en Irak que de quelques kilomètres à partir de la frontière jordanienne, parce qu’ils n’avaient pas de visa. «Personnellement, je préfère marcher trois mois d’affilée, déclare Arthur Blessitt, mais nous avons dû nous y prendre de cette façon pour accomplir notre mission».

Des taudis urbains à la jungle et aux déserts

Il dit avoir reçu son appel à la fin des années 60. L’homme tenait à l’époque un café sur le fameux Sunset Boulevard de Los Angeles. Alors qu’il regardait un crucifix accroché au mur, il a entendu Dieu lui suggérer que c’était au contact des autres qu’il pourrait le mieux connaître Jésus. C’est alors qu’Arthur Blessitt a fait ses bagages. Il a d’abord parcouru les Etats-Unis à pied, puis a fini par aller de pays en pays. Ce qui avait commencé par un voyage autour du monde s’est transformé en projet de visiter tous les pays du monde. Son périple l’a mené des taudis urbains jusqu’à la jungle et du désert jusqu’au sommet des montagnes.

Baptiste du sud dans sa jeunesse, Arthur Blessitt est aujourd’hui membre de l’Eglise épiscopale (anglicane), mais il précise que sa mission n’est liée à aucune confession et ne représente aucun mouvement particulier. Il la compare au «hadji», le pèlerinage à La Mecque que tout musulman doit faire une fois dans sa vie. «Je fais le hadji du monde», dit-il, et c’est en fait ainsi qu’il a expliqué son voyage aux garde-frontières irakiens qui l’ont autorisé à entrer en Irak sans visa avec sa femme.

En signe d’amour, non de jugement

Toutefois, le pèlerinage d’Arthur Blessitt est tout ce qu’il y a de plus chrétien. «Le Christ est mon modèle», dit-il. Bien que son dessein ne soit pas de convertir ceux qu’il rencontre, il cherche à «partager avec eux l’expérience de Jésus-Christ, qui représente la vérité et la vie, en espérant que les gens suivront son exemple et sa croix. Mais c’est Dieu qui décide de la moisson. Quant à moi, j’aime tout le monde».

Pourtant Arthur Blessitt constate, non sans ironie, que le meilleur accueil lui a été prodigué par des non-chrétiens: musulmans, hindous et bouddhistes. «Ils sont ouverts parce que je suis ouvert, dit-il; je porte la croix en signe d’amour, non de jugement.»

Par contraste, il trouve que la croix qu’il porte embarrasse les chrétiens. Des organisations chrétiennes lui demandent souvent de parler de ses expériences, mais la question qui vient presque toujours après est: «vous n’allez pas apporter votre croix avec vous, dites?» Dans les pays à prédominance protestante, on lui dit souvent que Jésus a déjà porté la croix et que ce qu’il fait tient du sacrilège.

Chrétiens plus méfiants

Arthur Blessitt estime en outre que «les chrétiens sont souvent méfiants. On me demande souvent la confession à laquelle j’appartiens. Environ la moitié des églises auxquelles j’ai demandé de garder ma croix pour la nuit m’ont répondu non. Par contre, aucun bar ne m’a jamais envoyé promener. Le plus souvent, on me demande même à quelle heure je compte venir prendre la croix, pour être certain que quelqu’un sera là».

En règle générale, ce sont les centres urbains comme New York qui sont, selon lui, les moins accueillants. Arthur Blessitt estime qu’il a rencontré des «millions» de gens. Un grand nombre restent en contact avec lui, par correspondance, ou, plus récemment, par courrier électronique. Sa femme et lui ont financé leurs voyages avec l’aide de supporters, mais Arthur Blessitt refuse résolument tout stratagème, tout appel officiel de fonds et toute promotion commerciale.

Il en est maintenant à sa troisième croix – un modèle plus léger, doté d’une roue, facile à monter et qui se range dans une valise. Doué d’une bonne paire de jambes et d’un enthousiasme peu commun, Arthur Blessitt déclare qu’il aimerait repartir vers chaque continent après l’an 2000 pour une marche de célébration. Habitué au danger (on l’a menacé d’arrestation et de violence et il a eu à se défendre contre des animaux sauvages), Arthur Blessitt reste un incorrigible optimiste. «Au milieu de toute cette lutte, dit-il, il y a toujours la personne que je n’ai pas encore rencontrée». (apic/eni/pr)

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