Vienne: Le cardinal Schönborn croit le dialogue possible avec les catholiques contestataires

«L’œcuménisme est irréversible»

Lourdes, 27 juillet 1998 (APIC) Le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, estime que les exigences des catholiques autrichiens contestataires se font jour parce que «nous sommes dans une période où l’Eglise est plurielle, pluriforme et non pas monolithique comme on a pu la connaître dans les années 50».

Dans une interview accordée samedi au journal catholique français «La Croix», le cardinal Schönborn admet que les tensions qui secouent l’Eglise d’Autriche sont parfois douloureuses (affaire Groër). Concernant les membres du mouvement «Nous sommes l’Eglise», je pars d’un préjugé favorable et de l’hypothèse que ces catholiques aiment l’Eglise, poursuit l’archevêque de Vienne Je vois en même temps que certaines de leurs affirmations entrent en conflit avec l’enseignement de l’Eglise. Il faut donc les aider à entrer en dialogue avec d’autres qui sont aussi l’Eglise. Les médias doivent comprendre qu’il n’y a pas, d’un côté la hiérarchie et de l’autre, le peuple. L’Eglise a souvent été, comme au IVe ou au XIIIème siècle, l’espace fraternel d’une très grande diversité d’expressions spirituelles».

De passage à Lourdes où il accompagnait son diocèse en pèlerinage, le cardinal Schönborn, est revenu sur le bilan de la visite de Jean Paul II en Autriche. Malgré les critiques émises par les médias, il reste serein: «Le passage du pape, c’est avant tout ’la grâce de Pierre’, une grâce de confirmation et de renforcement dans la foi. Je crois qu’il ne faut pas analyser les voyages de Jean Paul II sous le seul critère statistique. Tout au long des trois jours de la visite pontificale en Autriche, j’ai pensé au texte des Actes des apôtres qui parle de ’l’ombre de Pierre’ qui guérissait les malades sur son passage. Notre pays vit une guérison des cœurs, très profondément depuis le passage du Saint-Père, et cela ne se mesure pas. Par ailleurs, Jean Paul II est venu mettre en garde les Autrichiens contre une certaine étroitesse d’esprit, un repli sur soi qui guette aussi bien la société que l’Eglise. Il a élargi notre horizon et nous a rappelé notre vocation à l’unité».

Un mouvement de conversions

L’archevêque constate, parallèlement à la crise que vit l’Eglise dans son pays, que de nombreux adultes demandent le baptême. Le courant de défection et d’indifférence qui a atteint nos communautés s’accompagne paradoxalement d’un «retour» à l’Eglise lié au contexte culturel et social général. La société moderne n’a pas donné, aux yeux de beaucoup, une réponse satisfaisante concernant les grandes questions de la vie. Ce mouvement s’explique aussi par la tristesse qu’engendre un ’capitalisme pur’ qui étend son influence. «La foi vécue dans l’Eglise se présente pour ces convertis, comme un vrai chemin d’épanouissement et de bonheur».

«Je me sens proche de l’Eglise orthodoxe»

Interrogé sur la rencontre manquée ce printemps entre Jean Paul II et le patriarche Alexis II de Moscou, le cardinal de Vienne répond avec optimisme: «Cette rencontre au sommet a été annulée en raison des tensions internes à l’Eglise orthodoxe russe. Cet ’échec’ n’est pas le dernier mot. Au contraire le processus de dialogue est bien engagé et je le crois irréversible. Pour ma part, même si les rapports œcuméniques sont difficiles, je me sens proche de l’Eglise orthodoxe. Si je peux apporter quelque chose dans le dialogue, c’est sans doute grâce à un amour très fort pour cette Eglise». (apic/cx/ba)

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