Bâtons dans les roues mis à RCF-Bruxelles
Bruxelles, 28 juillet 1998 (APIC) Embrouilles sur les ondes des radios en Belgique. Des bâtons sont actuellement mis dans les roues de Radio catholique francophone-Bruxelles (RCF), obligée de changer du jour au lendemain sa fréquence de diffusion. Une nouvelle fréquence inaudible pour nombre d’auditeurs. Les responsables de RCF, évoquent des raisons «d’ordre idéologique». Quant au cardinal Danneels, il s’inquiète de la tournure des événements.
Rififi et magouilles sur les ondes des radios belges. En cause: l’utilisation par RCF d’une fréquence «non coordonnée». La Radio catholique francophone (RCF) de Bruxelles s’est vu attribuer une autre fréquence, dont la qualité de diffusion ne permet pas le confort d’écoute suffisant. Loin de là. Les programmes, audibles depuis février 1996 sur la fréquence de 89,9 FM, le sont désormais sur 107,4 FM, mais dans des conditions jugées déplorables. La faute àà la RTBF, la chaîne publique de la Radio télévision belge, qui n’a même pas laissé le temps à RCF d’avertir ses 60’000 auditeurs du changement. Beaucoup ont pensé que la radio avait cessé d’émettre.
Depuis un peu plus d’un an, RCF diffuse ses émissions à partir d’un émetteur et sur une fréquence loués à la radio de service public RTBF. Mais cette fréquence n’avait pas encore été «coordonnée». Autrement dit, toutes les instances qui disposent de longueurs d’ondes (aviation, radios, services de secours…) n’avaient pas encore été consultées. Deux demandes de coordination ont depuis lors été refusées. Aujourd’hui l’utilisation de cette fréquence a été déclaré illicite et la RTBF a reçu des instructions pour la supprimer. Sans qu’une alternative valable ne soit proposée à RCF.
Les manifestations de mauvaises humeurs ne cessent depuis une semaine, et en particulier depuis le 20 juillet, date à laquelle RCF s’est vue contrainte d’émettre sur 107,4 FM, dans le sillage de deux radios locales. Pour protester conte la décision imposée, RCF est demeurée muette une journée entière en fin de semaine passée. Officiellement, la radio gênait d’autres radios ainsi que la Régie des voies aériennes.
Fruit du hasard?
Les responsables de RCF n’en croient pas un mot. Ils se demandent en effet si ce qui arrive «est vraiment le fruit du hasard». Dans son billet diffusé sur le réseau des Radios chrétiennes en France, l’abbé Philippe Mawet, directeur de RCF-Bruxelles, parle de raisons «d’ordre idéologique». Il faut savoir, dit-il, que cette interruption coïncide avec les doléances d’une radio située sur le campus de l’Université libre de Bruxelles, «dont on connaît les convictions libre-exaministes et dont on risque de connaître aussi l’intolérance».
Dans un communiqué publié lundi à Bruxelles, l’archevêque de Malines-Bruxelles, le cardinal Godfried Danneels, monte à son tour aux barricades pour défendre l’avenir de RCF-Bruxelles. «La Communauté française a permis à RCF d’émettre sur 107,4 FM, mais cette fréquence n’est reçue qu’avec beaucoup de difficulté à Bruxelles». L’archevêque demande dès lors que Radio RCF «puisse disposer d’une fréquence correcte et d’une puissance adaptée à la ville de Bruxelles, ce qui ne serait que justice dans le cadre de notre société démocratique».
Avertissement clair
Les responsables de RCF-Bruxelles avertissent: «Si les programmes ne peuvent être écoutés dans un confort d’écoute suffisant, les responsables de RCF en tireront les conclusions qui s’imposent. Faire de la radio pour être mal entendu ne sert à rien».
La Radio Catholique Francophone, de Belgique, sise à Bruxelles, est membre du réseau RCF qui regroupe 45 radios chrétiennes de France et de Belgique.
Les responsables de la radio catholique sont très amers: «RCF n’a jamais transgressé les règles. RCF a l’impression qu’on veut simplement la réduire au silence… et le débat démocratique n’y gagnera rien. La société civile ne veut-elle pas défendre un réel pluralisme?». RCF demande une solution satisfaisante, pour ce qui n’est pas seulement ’la radio catholique’, mais une radio qui intéresse le public le plus large. «En deux ans, la preuve en a été faite, par la qualité de ses invités, par les courriers et les soutiens reçus des auditeurs». (apic/pr)
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