France: L’euthanasie est-elle moralement admissible en certains cas extrêmes?
Paris, 28 juillet 1998 (APIC) Le cas de l’infirmière française Christine Malerve, mise en examen la semaine dernière, accusée d’euthanasie active sur une trentaine de patients suscite débats et controverses en France et dans le monde. Mais aussi de la sympathie envers les malades, les médecins et les infirmière confrontés à des choix difficiles.
Le Père Olivier de La Brosse, porte-parole de la Conférence des évêques de France rappelle, pour l’APIC, la doctrine officielle de l’Eglise catholique sur ce sujet controversé: « La vie, de soi et la vie des autres dépend de Dieu. Ce n’est pas à l’individu de fixer l’heure de sa propre mort ni à fortiori de la mort des autres ».
Pour le moment du moins, déclare le Père de La Brosse, il n’y a pas, à proprement parler, de réaction des évêques de France sur les actes de l’infirmière française accusée d’euthanasie active.
« Je mets d’abord à part le cas particulier et précis de l’infirmière en question. Cela est du ressort de la justice française. L’Eglise n’a pas à porter d’elle-même de jugement prématuré sur son acte. Il faut tenir compte des circonstances atténuantes et d’un certain nombre d’éléments qui sont entre les mains de la justice et non entre les mains de l’Eglise ».
Ce que l’Eglise peut rappeler c’est le grand principe que la vie humaine n’appartient pas à l’homme comme une espèce de propriété qui lui serait personnelle. La vie de soi et la vie des autres dépend de Dieu et donc , ce n’est pas à l’individu de fixer l’heure de sa propre mort ni a fortiori de la mort des autres, rappelle le dominicain français.
Cela dit, poursuit le porte-parole des évêques français, la souffrance devient de plus en plus fréquente dans la longévité actuelle des hommes et des femmes de notre civilisation. e. Il y a quelques siècles et encore il y a quelques dizaines d’années, on appelait le chrétien « à offrir sa souffrance, à la supporter en esprit de pénitence et de rédemption ».
La douleur est un drame
« Je crois de plus en plus que l’on s’aperçoit que la douleur en soi n’est pas une valeur positive. La douleur est un drame. Elle n’est donc pas souhaitable. Elle n’est pas soutenable. Et parallèlement, les progrès de la chimie, de la pharmacie, de la pharmacopée, permettent de développer ce qu’on appelle maintenant les soins palliatifs. Ces derniers permettent d’une part d’abréger les souffrances et d’autre part dans leur partie psychologique, de préparer le mourant à sa fin terrestre et à sa rencontre avec Dieu. Donc il n’y a aucun inconvénient aux yeux de l’Eglise à aider quelqu’un à ne pas trop souffrir par des soins palliatifs.
Eviter l’acharnement thérapeutique
Ce qui reste extrêmement ferme dans la position de l’Eglise, c’est la condamnation de l’euthanasie active, c’est à dire que personne ne peut se donner ou s’arroger le droit de donner la mort explicitement. Corrélativement à l’euthanasie active existe l’euthanasie passive qui consiste à ne pas pratiquer ce que Pie XII appelait « l’acharnement thérapeutique ». Ce pape a dit que l’on n’est pas obligé en conscience de dépenser des trésors de patience, de médicaments, d’argent et de soins pour prolonger artificiellement une vie qui n’a plus son autonomie et sa signification. L’euthanasie active n’est cependant pas considérée une solution morale et humaine au problème de la souffrance de quelqu’un. Sur le fond des choses, il est certain que vous ne trouverez pas , – du moins je ne le pense pas -, un seul prêtre ou un seul théologien qui vous dise qu’en domaine d’euthanasie active, « on peut y aller sans problèmes ». (apic/ba)
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