Vietnam: Coup de frein du gouvernement aux célébrations de La Vang
Hanoi, 30 juillet 1998 (APIC) Les autorités vietnamiennes donnent un sérieux coup de frein aux célébrations du bicentenaire des apparitions mariales de La Vang, à 60 km de Huê, le seul sanctuaire national de l’Eglise catholique au Vietnam. Pour l’agence internationale Fides, organe du dicastère romain pour l’Evangélisation des peuples, le gouvernement Vietnamien souffle le chaud et le froid. En même temps, il donne en effet des assurances pour plus de liberté religieuse.
Les autorités vietnamiennes ont donné récemment des assurances à une délégation du Saint-Siège pour plus de liberté religieuse dans le pays, en particulier en autorisant quelques nominations épiscopales importantes. Des hautes personnalités du régime ont même reconnu publiquement que les religions sont dans le pays un facteur important pour le développement du pays et pour la lutte contre les plaies sociales, comme par exemple la drogue ou la corruption.
Au sein du gouvernement, une aile conservatrice craint toutefois la perte de «contrôle» – une habitude héritée à la fois de Confucius et de Marx, selon Fides – sur les organisations religieuses. La même conception frileuse s’observe à propos des relations avec le Vatican.
Pourtant l’éditorial du Père Bernardo Cervellera, directeur de Fides, rappelle que la vie du centre de pèlerinage de La Vang a un impact non négligeable sur le tourisme et l’économie du pays, à cause de la dimension nationale (les chrétiens ne sont pas les seuls à s’y rendre) et internationale du sanctuaire, qui attire chaque année aussi les Vietnamiens de la diaspora.
Le pèlerinage réunit en effet des dizaines de milliers de pèlerins (70’000 en 1996), et en majorité des jeunes. Cette année, en raison de la célébration du bicentenaire des apparitions, qui aura lieu du 13 au 15 août, le curé de La Vang s’attend à plus de 120’000 pèlerins. L’église du sanctuaire est petite et a besoin d’être restaurée, mais l’esplanade peut accueillir 10’000 fidèles.
Consignes précises
Or les autorités de Hanoi ont «déconseillé» le pèlerinage, pour «raisons de sécurité», et par l’intermédiaire des médias (d’habitude, précise Fides, les consignes sont diffusées par l’intermédiaire des autorités provinciales). Les agences de voyage ont été invitées à ne pas organiser de voyages conduisant au sanctuaire ou incluant La Vang dans leur itinéraire. Les évêques locaux se sont aussi vu déconseiller d’inviter comme légat pontifical le cardinal Roger Etchegaray, ancien président du Conseil Pontifical «Justice et paix» et Président du Comité central pour le Grand Jubilé. De nombreux pèlerins de l’étranger se sont vu refuser leur visa d’entrée dans le pays.
Pour leur part, les évêques entendent faire des célébrations une manifestation d’unité, de conversion et de soutien renouvelé à la mission de l’Eglise dans un pays qu’ils diagnostiquent comme affligé par la pauvreté, la corruption et le manque d’idéal. Ils inscrivent cette démarche dans la préparation de l’An 2000. Pendant deux siècles, et sous tous les régimes, les pèlerinages n’ont jamais cessé à Notre-Dame de La Vang.
Mais, relève encore Fides, les autorités craignent que la manifestation religieuse prenne un tour politique dans un moment de difficultés économiques et de contestation politique. Traditionnellement, des «montagnards», représentant des minorités ethniques en désaccord avec le gouvernement en majorité catholiques se rendent en effet en pèlerinage à La Vang.
Les catholiques du Vietnam représentent environ 8 millions de personnes, soit 10% de la population. (apic/imed/pr)
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