Berne: Lancement de l’initiative fédérale des opposants à l’avortement
Berne, 2 juin 1998 (APIC) Des opposants à l’avortement, groupés au sein du mouvement «Aide suisse pour la mère et l’enfant» ont lancéé mardi à Berne la récolte des signatures en vue de faire aboutir une initiative populaire fédérale pour la défense de l’enfant «pas encore né». Le texte de l’initiative se veut un contre-projet à la solution des délais suite au dépôt d’une initiative parlementaire de Barbara Haering Binder, Conseillère nationale socialiste.
Nicole Stern, médecin, co-présidente du Mouvement «Aide suisse pour la mère et l’enfant», a expliqué, lors de la Conférence de presse de mardi, que «dans le développement d’un enfant, il n’y a pas de coupure. L’enfant se développe comme un être humain dès sa conception». Toujours selon Nicole Stern, «l’initiative parlementaire Haering Binder est un saut dans l’irrationnel car les délais proposés sont arbitraires. La solution des délais enlève à l’enfant son droit à la vie et ne prévoit aucune aide pour les mères en détresse». Or précisément, le premier paragraphe de l’initiative déclare: «La Confédération protège la vie de l’enfant à naître et édicte des directives sur l’aide nécesaire à apporter à sa mère dans la détresse».
Dominik Müggler, de Bâle, membre du comité, s’est exprimé sur le deuxième point de l’initiative fédérale. Il estime que la Confédération doit définir l’aide nécessaire. «Mais ce sont les initiants et ceux qui les soutiendront, ajoute-t-il tout de suite, qui offriront cette aide concrète. En créant bientôt une nouvelle œuvre d’entraide». Il pense que 20 millions de francs suisses sont nécessaires pour venir en aide aux mères en détresse. Cette œuvre d’entraide privée ne ferait donc pas nécessairement appel à de l’argent public, comme le prévoit le point d de l’initiative: «Les cantons peuvent confier cette tâche à des institutions privées».
Mouvement non-confessionnel et apolitique
L’association «Aide suisse pour la mère et l’enfant» se veut non-confessionnelle et apolitique. Selon Dominik Müggler, quelques milliers de personnes anonymes ont consacré du temps à tout ce qui a été entrepris jusqu’à présent. 25’000 lettres de soutien à l’initiative ont été envoyées dans toute la Suisse et bientôt un journal, tiré à 3,5 millions d’exemplaires, sera distribué dans tous les ménages. Optimiste sur la récolte des signatures, le comité espère que 120’000 signatures seront trouvées en quatre mois. Mais l’objectif est d’atteindre 180’000 signatures. L’initiative devrait, au plus tard, être présentée en votation populaire en décembre 2001. Nicole Stern a précisé: «L’association ne travaille pas pour le moment avec les associations «Oui à la Vie», bien qu’elles poursuivent le même but que nous. Mais il aurait fallu consacrer trop de temps pour coordonner tous les mouvements existants».
40 avortements par jour très souvent pour raisons économiques
Autre intervenant, Michel Hermenjat, travailleur social à Estayayer-le-Lac, a de son côté estimé que chaque jour 40 avortements sont pratiqués en Suisse, la plupart du temps pour des raisons économiques. Selon lui, un tiers d’avortements aurait lieu en Suisse romande et plus spécialement dans les cantons de Genève et de Vaud. Pour lui, «l’avortement ne tue pas seulement l’enfant, mais la maternité et la paternité. L’avortement a aussi des conséquences sur les enfants suivants et évoquant le divorce, il prétend que l’avortement «ne peut pas sauver nécessairement un couple».
Les membres de l’Association «Aide suisse pour la mère et l’enfant» ont signalé en conclusion que leur mouvement ne veut pas focaliser ses activités sur la seule récolte des signatures. Elle offre déjà un téléphone gratuit dont le numéro (0800/81/11/00) est au service des mères en détresse. Le mouvement encourage en outre la solidarité dans le pays envers les mères qui attendent un enfant et qui hésitent à l’accepter. Il offre aussi la protection juridique appropriée pour l’enfant à naître ainsi que la publication d’observations scientifiques des conséquences de l’avortement.
Aucun commentaire, ni réaction pour le moment au siège de la Conférence des évêques suisses (CES) à Fribourg. La CES se retrouvera prochainement et elle aura tout loisir de regarder cela de près, après avoir examiné le texte, a déclaré récemment à l’agence APIC le Père Roland-B.Trauffer, secrétaire de la CES. (apic/gs/ba)
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