Suisse: Les catholiques-chrétiens s’apprêtent à autoriser l’accès des femmes à la prêtrise
Thoune, 4 juin 1998 (APIC) Les catholiques-chrétiens de Suisse s’apprêtent à autoriser l’accession des femmes à la prêtrise. Une motion dans ce sens sera en discussion vendredi et samedi à Thoune, dans le canton de Berne. La décision finale pourrait intervenir l’an prochain déjà, pour une première ordination en l’an 2000. La question est cependant loin de faire l’unanimité au sein des communautés >.
>. En l’an 2000, il y aura donc certainement des femmes curés de paroisse en Suisse, au sein de l’Eglise catholique-chrétienne. En discussion depuis une vingtaine d’années, cette question ne fait pas l’unanimité dans les communautés > ainsi nommées hors de nos frontières. En 1976, la Conférence des évêques s’est même formellement opposée à l’ordination de femmes à l’épiscopat, au presbytérat et au diaconat. Mais depuis lors, diverses Eglises dites > se sont distancées de cette déclaration. Celle de Suisse en est un bon exemple.
L’exemple allemand
En 1985, le synode national permettait aux femmes d’exercer, au même titre que les hommes, un ministère diaconal. En 1991, les délégués faisaient un pas de plus en déclarant souhaiter l’ordination de femmes au ministère presbytéral et épiscopal. Un souhait accompagné d’une condition: que l’on parvienne à conserver la pleine communion avec toutes les autres Eglises locales. De même, les ordinations devaient être reconnues dans toute l’Union d’Utrecht, qui rassemble ces Eglises depuis 1889.
Aujourd’hui, malgré d’intenses négociations internationales, la question n’est toujours pas réglée. La majorité des Eglises soeurs s’acharnent à refuser l’ordination des femmes et par-là ne respectent pas le voeu de la communauté suisse. Aussi, le Synode national se prépare-t-il à modifier sa Constitution envers et contre tout, estimant >. Les délégués suivent en cela l’exemple de leurs voisins allemands et autrichiens, qui ont déjà introduit le ministère féminin, au risque de voir se rompre la
communion ecclésiale avec les Eglises de Pologne, de Tchéquie, de Bosnie, de Croatie ou encore avec la communauté polonaise des Etats-Unis d’Amérique.
Relations oecuméniques compromises
La décision risque également de bouleverser les relations avec d’autres communautés chrétiennes. Le Vatican, qui reconnaissait jusqu’ici les ministres ordonnés au sein de l’Union d’Utrecht, voit d’un mauvais oeil qu’une Eglise dite > conjugue la prêtrise au féminin. Le clergé orthodoxe sera lui aussi perturbé. Par contre, l’ordination des femmes pourrait rapprocher les catholiques-chrétiens des luthériens, des anglicans et des protestants.
Née d’une réaction au Concile Vatican I de 1870, au cours duquel ont été décrétées l’infaillibilité du pape sur les questions de foi ou de morale et sa primauté sur tous les évêques, l’Eglise catholique-chrétienne se réclame de l’héritage des tout premiers chrétiens, bien avant les schismes successifs, alors que l’unité de la communauté n’exigeait pas de gommer les différences.
14’000 fidèles en Suisse
Avec seulement 400’000 fidèles de par le monde, dont 14’000 en Suisse et peut-être 4’000 dans les cantons romands, cette communauté minoritaire demeure méconnue. Selon Jean-Claude Mokry, curé des deux seules paroisses genevoises, catholiques > et > partagent en gros la même tradition, si ce n’est que les seconds refusent l’autorité du pape, ne vouent de culte ni aux saints, ni à Marie, ni aux reliques, que leurs prêtres ne font pas voeu de célibat et que le re-mariage n’est pas interdit aux divorcés. > Par ailleurs, ils manifestent un attachement quasi protestant à la lecture de la Bible ainsi qu’à la démocratie, et un pluralisme qui fait penser aux différents courants coexistant au sein de l’Eglise anglicane.
L’organisation de l’Eglise catholique-chrétienne est fondée sur un système dit >. Le synode national, assemblée des délégués laïcs des paroisses et du clergé, se réunit au moins une fois par an. Organe législatif, il dirige l’Eglise avec l’évêque de Suisse et le Conseil synodal. L’évêque est élu par le synode national et reçoit son ordination d’autres évêques vieux-catholiques. Chaque Eglise nationale est autonome. (apic/spp/pr)
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