Jérusalem: L’Autorité palestinienne met en cause le Patriarcat grec orthodoxe
Jérusalem/Ramallah, 4 juin 1998 (APIC) Bassam Abou Charif, proche conseiller du président Arafat, a violemment attaqué le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Diodoros Ier, accusé de vendre à des «extrémistes juifs» les biens immobiliers de l’Eglise à Jérusalem et aux alentours. Démenti des responsables du Patriarcat, qui dénoncent une «campagne de désinformation» contre leur Eglise dont ils ignorent les motivations.
La vente de terrains et d’immeubles palestiniens aux Israéliens, qui mènent une politique de judaïsation systématique à Jérusalem, est considérée comme une haute trahison par l’Autorité palestinienne, alors que le territoire qui lui revient se réduit toujours plus à une peau de chagrin.
Interrogés jeudi par l’APIC, deux responsables de l’Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem – les évêques Basilios et Timotheos – ont formellement démenti les allégations de Bassam Abou Charif: «Ce ne sont que des mensonges, nous n’avons rien vendu du tout et n’avons aucune intention de vendre des monastères aux Israéliens. Je pense qu’il ne nous aime pas parce que nous sommes grecs-orthodoxes!», a déclaré Mgr Basilios. Mgr Timotheos accuse le responsable palestinien de tromper l’opinion publique avec des intentions malveillantes: «Notre Eglise ne cède pas ses propriétés, mais au contraire les développe!»
Cafouillage du côté palestinien
Du côté palestinien, c’est plutôt le cafouillage. «Je ne sais absolument rien, je l’ai déjà dit au correspondant du journal israélien Haaretz qui m’interrogeait à ce propos… Je répète que je n’ai aucune idée d’où Bassam Abou Charif a tiré ses informations», a déclaré jeudi à l’APIC Ibrahim Qandalaft, chargé des affaires chrétiennes au sein de l’Autorité palestinienne.
Lors de la présentation mercredi à Athènes par Bassam Abou Charif et le pacifiste israélien Uri Avneri d’un concept pour une solution pacifique du conflit israélo-palestinien basé sur la religion, le responsable palestinien de haut rang s’en est pris aux institutions chrétiennes qui «bradent le sol de la Terre Sainte à des extrémistes juifs». Selon l’agence de presse évangélique IDEA, il a menacé de mort le patriarche Diodoros Ier au cas où il ne se retirait pas de lui-même «des lieux saints souillés par ses manipulations immobilières» pour céder la place à un chef religieux arabe chrétien intègre.
L’Autorité palestinienne enquête, mais n’a aucune preuve
Pour étayer ses accusations, Bassam Abou Charif a mentionné la vente du monastère grec-orthodoxe de l’Archange à Jaffa, près de Tel Aviv, pour une somme de 20 millions de dollars, et plus particulièrement celui de Mar Elias, près de Jérusalem, pour 13 millions de dollars. Ce monastère est situé près de la nouvelle colonie en construction de Har Homa, sur des terrains confisqués aux Arabes, permettant ainsi de fermer la dernière brèche «dans la ceinture de forteresses sionistes qui entoure la vieille ville chrétienne et musulmane de Jérusalem».
Députée chrétienne et ministre de l’Autorité palestinienne à Ramallah, Hanane Ashraoui n’a pas confirmé à l’APIC ces ventes de propriétés chrétiennes: «Nous n’avons à l’Autorité nationale palestinienne aucun élément pour le moment qui prouve une transaction de ce genre, mais nous vérifions. L’Autorité palestinienne en a également discuté avec le patriarche Diodoros et ce dernier a nié avoir vendu des propriétés de l’Eglise aux Israéliens». La ministre palestinienne considère que ce problème est une affaire interne qui doit être résolue entre les Palestiniens eux-mêmes. (apic/idea/be)
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