C’est intact que le corps de sainte Thérèse d’Avila a été redécouvert par les carmes déchaux, en Espagne, dans le couvent fondé par cette docteure de l’Église, à Alba de Tormès, près de Salamanque, rapporte 29 août le média Aleteia.
Le tombeau de la sainte a déjà été ouvert une première fois en 1750, puis en 1914, révélant un corps « complètement incorruptible ». Bien que fragmenté: car Thérèse de Jésus n’a pas échappé à la dispersion de ses reliques aux quatre coins du monde. Un de ses pieds serait à Rome, une de ses mains à Ronda, et un de ses doigts dans l’église Notre-Dame de Lorette de Paris, entre autres.
A parvenir à ouvrir ce tombeau massif, situé dans l’église de l’Annonciation, l’Ordre des Carmes déchaux doit actionner dix clés différentes, dont trois sont conservées à Rome. En les examinant pour la troisième fois, les Carmes ont pu constater que les restes sont identiques à ceux 1914.
Le père Marco Chiesa, postulateur général de l’Ordre des Carmes Déchaux, a indiqué au journal espagnol ABC Castilla y Leon que cette analyse – autorisée par le Vatican –, va permettre aux chercheurs d’en savoir plus sur la vie de la sainte et sur les maladies exactes dont elle a souffert à la fin de sa vie. Il est déjà établi que la sainte souffrait d’une épine calcanéenne, une excroissance osseuse pointue au niveau de l’os du talon particulièrement douloureuse. Les spécialistes pourront également trouver de meilleurs moyens de conservation du corps.
Le matin du 28 août, les Carmélites et les Carmes ont déplacé le grand reliquaire vers le lieu où le corps allait être examiné, en chantant avec solennité le Te Deum. Des médecins légistes, des scientifiques, ainsi que des orfèvres, étaient déjà sur place pour travailler sur le corps, mais aussi sur le tombeau en argent qui le conserve, un cadeau du roi Fernando VI et de son épouse Bárbara de Braganza.
L’étude sera menée en trois phases au cours des prochains mois. Les résultats seront public, mais aucune date n’a été confirmée pour le moment.
L’Église catholique reste prudente quant à la reconnaissance de « l’incorruptibilité » des corps des saints. Ce phénomène particulièrement rare et impressionnant est considéré comme un signe pouvant faciliter la cause en béatification ou en canonisation de la personne concernée. Actuellement, 102 saints incorruptibles ont été recensés.
Par ailleurs, l’Église fait la distinction en corps ‘intègre’ ou ‘incorruptible’. Dans le premier cas, le corps est muni de tous ses organes mais suit une phase normale de décomposition, comme celui de Carlo Acutis. Si le corps est incorruptible, comme pour la Grande Thérèse, cela signifie qu’il est intact, soit peu ou pas soumis à la putréfaction. (cath.ch/aleteia/gr)
Grégory Roth
Portail catholique suisse
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