Quatre jeunes journalistes alémaniques récompensés

Berne: Prix Médias national 1998 de l’Association Suisse des Journalistes Catholiques

Berne, 7 juin 1998 (APIC) Quatre jeunes journalistes alémaniques – Benno Bühlmann, rédacteur à la Neue Luzerner Zeitung, Daniel Foppa, chargé d’information à l’œuvre d’entraide «Missio» à Fribourg, Marc Lustenberger, rédacteur au «Willisauer Bote» et Thomas Schaufelberger, rédacteur au «Kirchenbote» du canton de Zurich, ont reçu samedi dans les locaux de Radio Suisse Internationale à Berne le Prix Médias national 1998.

Le Prix Médias national, institué par l’Association Suisse des Journalistes Catholiques (ASJC), veut en principe promouvoir et récompenser des jeunes talents des trois régions linguistiques du pays. Cette année, aucune candidature n’est parvenue de la Suisse italienne et la seule contribution romande, qui ne correspondait pas aux exigences du Jury, n’a pu être retenue.

Le Père Bruno Holtz, président de l’ASJC, a souligné lors de l’assemblée générale de l’Association des journalistes catholiques la nécessité de faire mieux connaître le Prix et l’Association (notamment son Club de la Presse et son Réseau de Jeunes Journalistes) au Tessin, mais également parmi les professionnels des médias non confessionnels et laïcs. L’ASJC ne se veut pas un syndicat, mais un lieu où se cultivent – au-delà des clivages linguistiques – les valeurs professionnelles du journalisme et des valeurs humaines comme la liberté et la justice, la solidarité et l’amitié. L’ouverture au monde international des membres de l’ASJC est assurée par l’affiliation à l’Union catholique internationale de la presse (UCIP), l’Association catholique internationale pour la radio et la télévision (UNDA) ou à son homologue pour le cinéma (OCIC).

Lors de son assemblée, l’ASJC a reçu en son sein deux membres honoraires distingués pour leur engagement au service de la communication chrétienne. L’abbé gruyérien Joseph Beaud, longtemps rédacteur en chef de l’hebdomadaire catholique romand «l’Echo» à Lausanne, «une plume alerte et efficace, mystique et généreuse», a marqué de son empreinte bien plus d’une génération de lecteurs. Honoré également pour son engagement constant dès les années 60 au service des organisations de la presse catholique, Alois Hartmann – actuel rédacteur en chef du magazine missionnaire «Cœur en Alerte» et président du comité de la coopérative APIC/KIPA – fut correspondant parlementaire pour plusieurs quotidiens alémaniques, rédacteur en chef du Vaterland, chef de presse de Caritas.

Liberté de la presse en danger: également dans les pays démocratiques

Orateur invité, François Gross, ancien rédacteur en chef du quotidien fribourgeois «La Liberté» et de Radio Suisse Internationale, a lancé un vigoureux appel à la vigilance: la liberté de la presse est un privilège connu que d’un petit nombre d’Etats dans le monde, et là où elle existe encore, elle est de plus en plus menacée par le pouvoir de l’argent. Des conglomérats industriels et financiers géants – actifs tout aussi bien dans l’immobilier, la distribution d’eau potable ou la vente d’armements – s’emparent de pans entiers de l’offre médiatique: presse écrite, radio et télévision, édition, informatique, cinéma…

Ces grands groupes ne recherchent pas une «information honnête, cohérente, complète et précise», dans le sens de l’Instruction romaine «Communion et Progrès», mais les organes de presse et les médias qu’ils possèdent deviennent des entreprises parmi d’autres au sein d’un conglomérat. Il s’agit de chercher les synergies, de viser le respect de la cohésion de l’ensemble dans une stratégie globale qui a pour but le profit maximal. Arrivé à ce point, le média concerné préfère avoir des salariés plutôt que des journalistes. Et de citer des reportages complaisants de TF1 sur des projets de l’entreprise de travaux publics Bouygues, son principal actionnaire et patron.

«Même dans nos pays démocratiques, il faut une attention scrupuleuse, une vigilance constante et du courage pour détecter et dénoncer les mille et une trappes habilement dissimulées pour piéger la liberté de la presse», a mis en garde le journaliste de renom. Parmi ces pièges, les stratégies d’influence de groupes d’intérêts puissants «qui se cachent sous le nom fallacieux de communication». Ces réseaux de communication tentent en fait d’empêcher la véritable information. Et de déplorer qu’un grand nombre de textes produits par des officines de communication au service de lobbies particuliers soient repris tels quels par les médias.

L’environnement économique actuel représente désormais une grave menace pour l’avenir de la presse. «Les médias ont cru longtemps qu’ils pouvaient disserter sur la globalisation et la mondialisation sans avoir à l’éprouver eux-mêmes. On est toujours frappé, même nous journalistes, de voir à quel point nous sommes habiles à écrire des articles sur ce qui se passe dans les banques et à le dénoncer, et à quel point on est affecté de presbytie lorsqu’il s’agit de regarder sur son propre palier». François Gross a demandé en particulier aux jeunes journalistes présents, dans le sens d’une éthique de responsabilité personnelle, d’utiliser avec intrépidité et courage les espaces de liberté qui restent : «Contre vents et marées, poser les questions qui dérangent, c’est notre rôle de journalistes, si nous ne voulons pas nous contenter d’être des brosses à reluire des puissants!» (apic/be)

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