«Tout est encore ouvert» pour une visite de Jean Paul II en Irak
Bagdad, 8 juin 1998 (APIC) Le cardinal Roger Etchegaray, en visite à Bagdad, a condamné lundi 8 juin l’embargo qui frappe l’Irak. Présidant le Conseil pontifical «Justice et Paix» mais aussi le Comité de Préparation du Jubilé de l’an 2000, le haut responsable de la curie romaine se trouve actuellement en Irak pour y sonder la faisabilité d’une visite de Jean Paul II dans le pays, sur les traces d’Abraham. A ce sujet, «tout est encore ouvert», a-t-il déclaré au quotidien italien «La Repubblica».
L’objet officiel du voyage du cardinal français est le «Symposium international sur l’Eglise au service de la paix et de l’humanité», qui se tient du 8 au 10 juin à Bagdad. Il s’agit de la troisième réunion de la «Conférence chrétienne» qui regroupe les différentes confessions chrétiennes de la région.
Mais la présence en Irak du haut responsable de l’Eglise catholique, qui doit rencontrer le président Saddam Hussein ces prochains jours, s’inscrit aussi dans contexte de l’embargo imposé au pays par l’ONU et d’une éventuelle visite de Jean Paul II. Le pape a pris plusieurs fois position contre cette mesure qui frappe en premier lieu les membres les plus vulnérables de la société irakienne, notamment les enfants. Le vice-Premier ministre irakien Tarek Aziz est venu à Rome le mois dernier pour en parler au pape.
Dans son discours d’introduction au «Symposium» le 8 juin, le cardinal Etchegaray a donc dénoncé non seulement l’embargo, mais éégalement la course aux armements. Le programme du Symposium prévoit d’aborder «l’attitude des Eglises arabes, européenne et américaine, vis-à-vis de l’embargo imposé à l’Irak», puis «la position de religions sur l’isolement des personnes humaines dans le domaine scientifique, éducatif, et économique».
Dans son discours, le cardinal Etchegaray a tout d’abord insisté sur le rôle de paix que doivent jouer les chrétiens minoritaires des régions du Proche Orient, «test stimulant de convivialité fraternelle». La présence des Eglises chrétiennes dans ces régions est nécessaire comme ferment de paix et de solidarité, a souligné le cardinal. Et d’ajouter que l’Eglise offre à la paix «des chances qui vont au-delà de toute stratégie politique ou militaire», dénonçant à la fois la folie de la course aux armements et l’injustice de l’arme économique «quand elle ne finit pas de blesser une population innocente, les enfants en particulier.»
La rencontre des grandes religions sur le Mont Sinaï: une idée difficie à concrétiser
Le cardinal Etchegaray prévoit également de se rendre à Ur, en Chaldée, considérée comme le lieu de naissance d’Abraham, que le pape souhaite depuis des années visiter. Un projet dont le cardinal ne nie pas la préparation et qui s’inscrit dans le cadre des manifestations du Grand Jubilé de l’an 2000. Quant à la grande rencontre de prière des religions monothéistes que le pape aimerait organiser sur le Mont Sinaï, en Egypte, à l’occasion du nouveau millénaire, «l’idée est là, mais c’est plus difficile de la réaliser concrètement». Le programme pour la Terre Sainte reste lui aussi imprécis sur de nombreux points en raison du contexte socio-politique, a également indiqué le cardinal Roger Etchegaray.
Dans sa lettre «Tertio millenio adveniente» (A l’aube du troisième millénaire) de 1994, le pape, parmi les buts de pèlerinages vivement désirés, citait le Proche-Orient: le Liban, Jérusalem et la Terre Sainte. «Il serait très significatif, ajoutait-il, de pouvoir à l’occasion de l’an 2000 visiter tous ces lieux qui se trouvent sur le chemin du Peuple de Dieu de l’ancienne Alliance, depuis les terres parcourues par Abraham et par Moïse, en traversant l’Egypte et le Mont Sinaï, jusqu’à Damas, ville qui fut témoin de la conversion de saint Paul». (apic/imedia/cic/be)
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