Chine: Recrudescence de la répression contre les catholiques clandestins
Hongkong/Rome, 8 juin 1998 (APIC) La répression contre les catholiques clandestins est en nette recrudescence ces derniers mois, annonce lundi l’agence internationale FIDES à Rome. Les observateurs mettent cette reprise des persécutions religieuses sur le compte des fortes tensions sociales nées des réformes économiques du Premier Ministre chinois Zhu Rongji. La privatisation des grandes entreprises d’Etat prévue par le pouvoir va mettre à la rue près de 20 millions de personnes.
« La privatisation des industries d’Etat et la réduction du personnel dans les Ministères, avec son lot de pertes d’emplois, suscitent l’insatisfaction de la population », selon des sources catholiques. Les observateurs, qui rentrent de Chine, ont tenu à garder l’anonymat. La sécurité chinoise a reçu depuis quelque temps déjà l’ordre de veiller à l’émergence de possibles « agitateurs » et de prévenir l’alliance possible entre intellectuels et personnes désœuvrées.
On assiste également à la naissance de syndicats clandestins qui accueillent des travailleurs de plus en plus critiques face à la corruption dans les sphères du pouvoir et des employés licenciés des conglomérats d’Etat. La sécurité chinoise est sur les dents et considère a priori tous les mouvements non strictement contrôlés par le gouvernement – comme les Eglises non officielles – comme des sources potentielles d’agitation.
Les observateurs ont noté une augmentation des arrestations dans les provinces du Hebei, du Jiangxi, du Fujian et du Liaoning. Le Père Miao Shaozeng a été arrêté par les forces de la Sécurité publique le 22 mai dans l’église de Kangzuo, dans la province du Fujian. Non affilié à l’Association patriotique catholique, le prêtre est accusé d’avoir perturbé l’ordre public pour avoir accroché une image du Christ sur la façade de l’église et diffusé des hymnes. Sa résidence privée a été fouillée. Depuis, le prêtre est toujours en détention.
Selon FIDES, une église du Comté de Luoyang, également dans le Fujian, a été rasée à l’initiative du gouvernement. Plusieurs dizaines de fonctionnaires se seraient rendus sur place. Ils auraient prétexté que cette église a été construite sans autorisation préalable du gouvernement et qu’elle accueille des activités de I’Eglise clandestine. Ceux qui n’ont pas quitté l’édifice sur-le-champ et qui ont résisté ont été battus. Une femme aurait été sérieusement blessée. Dix autres églises attendent le même sort. Dans le Liaoning, des communautés de moines clandestines ont été dispersées.
L’évêque officiel de Fuzhou, Mgr Joseph Zheng Changcheng, affirme ignorer ces projets de destruction d’édifices religieux. Il confirme que, légalement, une église construite sans autorisation de l’Etat doit être détruite. L’évêque estime à près de 160.000 les catholiques affiliés dans cette région à l’Eglise clandestine, un nombre supérieur à celui des catholiques de I’Eglise officielle. Des sources catholiques chinoises estiment que la recrudescence de la répression contre l’Eglise clandestine est le signe manifeste que Pékin est divisé face aux réformes en cours. (apic/fides/be)
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