La liste des évêques qui participeront par nomination pontificale à la prochaine Assemblée du Synode des évêques comprend également les noms de Vincent Zhan Silu et de Joseph Yang Yongquiang. Outre les deux évêques de Chine continentale, le cardinal Stephen Chow Sau Yan sj, évêque de Hongkong, et Norbert Pu, évêque de Kiayi (Taïwan), participeront également à l’assemblée d’octobre, relève l’agence vaticane Fides.
Décrire les profils personnels des deux évêques de Chine continentale, c’est se plonger dans l’histoire de la communauté catholique chinoise au cours des dernières décennies. Mgr Vincent Zhan Silu est évêque du diocèse de Funing (Mindong pour le gouvernement chinois) dans la province côtière de Fujian.
Né en 1961 dans une famille catholique nombreuse et pauvre, avec 10 frères et sœurs, il entre au au séminaire de Sheshan, dans le diocèse de Shanghai en 1978, à la faveur de la nouvelle ouverture voulue par Deng Xiaoping et marquée par la réouverture des églises et des séminaires. Il a reçu l’ordination sacerdotale en 1989.
Après son ordination, il travaille comme curé de paroisse. Il complète sa formation de 1995 à 1997 à Hong Kong. C’est à cette époque que l’ancienne colonie britannique a été rattachée à la République populaire de Chine.
Vincent Zhan Silu a été ordonné évêque de Mingdong en 2000, sans mandat pontifical. Sa légitimation canonique n’interviendra que 18 ans plus tard, en 2018, dans le cadre de la signature de l’Accord provisoire sur les nominations des évêques chinois. Le pape François lui a confié alors formellement la direction du diocèse de Funing/Mindong tandis que Mgr Vincent Guo Xijin, jusque là évêque du même diocèse mais non reconnu par le gouvernement chinois, a accepté d’assumer la charge d’auxiliaire.
En octobre 2019, Mgr Zhan Silu a ordonné deux prêtres dans la nouvelle cathédrale du diocèse. Il s’agissait de la première ordination sacerdotale publique depuis 70 ans.
En 2024, l’évêque a pu consacrer plusieurs nouvelles églises. Aujourd’hui, le diocèse de Mindong, dont les origines sont liées à la mission des dominicains espagnols, compte 70’000 fidèles, 15 églises, plus d’une centaine de maisons de prière, quatre maisons pour personnes âgées et un orphelinat. Il compte une soixantaine de prêtres, ainsi que des centaines de religieuses engagées dans le travail pastoral.
Mgr Vincent Zhan Silu est connu aussi comme auteur de plusieurs livres et essais sur de nombreux sujets comme la Trinité, le célibat de prêtres ou encore une comparaison entre le culte des ancêtres et le sacrifice de la messe catholique.
Mgr Joseph Yang Yongqiang avait déjà participé au Synode en octobre 2023. Mgr Yang est depuis 2024 évêque de Hangzhou, capitale de la province chinoise du Zhejiang. Il avait été transféré du siège de Zhoucun à Hanghzou par nomination du pape François, dans le cadre de l’Accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine.
Né en 1970, dans une famille catholique pieuse, il a lui aussi fréquenté le séminaire de Sheshan, à Shanghai. Ordonné prêtre en 1995, il a poursuivi ses études au Séminaire national de Pékin après avoir exercé des fonctions pastorales en tant que prêtre de paroisse.
Nommé évêque coadjuteur de Zhoucun, il a été consacré en 2010 et a succédé en 2013 à Mgr Ma Xuesheng à la tête de ce siège épiscopal. Enfin en 2024, le pape l’a nommé évêque de Hangzhou. Trente mille catholiques vivent dans le diocèse dont le siège épiscopal était vacant depuis plusieurs années.
«Le résultat de l’accord entre la Chine et le Saint-Siège sur la nomination des évêques est bon, je suis heureux», a récemment déclaré le pape François au cours de la traditionnelle conférence de presse dans l’avion qui le ramenait de Singapour, dernière étape de son long voyage apostolique en Asie et en Océanie.
«La Chine est pour moi un désir, dans le sens où j’aimerais visiter la Chine, parce que c’est un grand pays; j’admire la Chine, je respecte la Chine. C’est un pays doté d’une culture millénaire, d’une capacité de dialogue, d’une capacité de compréhension mutuelle qui va au-delà des différents systèmes de gouvernement qu’il a connus. Je crois que la Chine est une promesse et une espérance pour l’Église», a-t-il ajouté.
Dans divers milieux catholiques, dont la diaspora chinoise, ce dialogue et l’accord provisoire qui en est un instrument important ne sont pas exempts de critiques. Pourtant, si l’on s’en tient aux faits, le jugement papal est un acte de simple réalisme chrétien, estime Fides. (cath.ch/fides/mp)
Maurice Page
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