Un théologien irlandais et un artiste japonais pour le Prix Ratzinger

Le Prix Ratzinger 2024 est attribué au théologien irlandais Cyril O’Regan, qui enseigne aux États-Unis, et au sculpteur japonais Etsurō Sotoo, converti au christianisme après avoir travaillé pour le chantier de la Sagrada Familia, à Barcelone.

La Fondation Ratzinger a indiqué dans un communiqué diffusé le 18 septembre que ce prix leur sera remis le 22 novembre par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège. Les lauréats seront reçus le même jour par le pape François.

Le Prix Ratzinger est attribué chaque année depuis 2011 par la Fondation vaticane Ratzinger-Benoît XVI à deux ou trois personnalités. Il s’agit en principe d’universitaires qui se sont distingués par des mérites particuliers en matière de publication ou de recherche scientifique, particulièrement dans le domaine de la théologie et dans celui de la philosophie. La liste des lauréats s’est élargie depuis quelques années à des artistes inspirés par la foi chrétienne.

Spécialiste du Suisse Hans Urs von Balthasar

Le professeur Cyril O’Regan, né en Irlande en 1952, est professeur de théologie systématique à l’Université Notre-Dame, dans l’Indiana, aux États-Unis, depuis 1999. Il a auparavant enseigné à l’Université de Yale (Connecticut), où il a soutenu des doctorats en philosophie et en théologie. Ce spécialiste de l’histoire du christianisme a notamment publié des ouvrages sur la pensée des théologiens suisse Hans Urs von Balthasar, britannique John Henry Newman et allemand Joseph Ratzinger (Benoît XVI), auquel il a consacré de nombreux articles.

Converti par la Sagrada Familia

Le sculpteur japonais Etsurō Sotoo, né à Fukuoka en 1953, sera le premier asiatique à recevoir le Prix Ratzinger. Lauréat en Beaux-Arts de l’Université de Kyoto, il a été bouleversé par une visite du chantier de la Sagrada Familia à Barcelone en 1978, un choc qui l’a conduit au baptême dans la religion catholique.

Il a contribué au chantier de cette basilique en tant que sculpteur, suivant les indications laissées par Antoni Gaudí, dont il soutient activement la cause de béatification. Benoît XVI avait rendu hommage à l’œuvre de Gaudí en consacrant la Sagrada Familia en 2010. Outre cette basilique où il a notamment contribué à la façade de la Nativité, les œuvres de Etsurō Sotoo se retrouvent en Espagne, au Japon et en Italie. Dans ce dernier pays, il a notamment réalisé l’ambon de la cathédrale de Florence.

30 lauréats depuis 2011

Chaque année, les noms des lauréats sont soumis à l’approbation du pape par le Comité scientifique de la Fondation, formé actuellement des cardinaux Kurt Koch (préfet du dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens), Luis Ladaria Ferrer (préfet émérite du dicastère pour la Doctrine de la foi), Gianfranco Ravasi (président émérite du conseil pontifical pour la Culture), et de Mgr Rino Fisichella (pro-préfet du dicastère pour l’Evangélisation) et Mgr Rudolf Voderholzer (évêque de Ratisbonne et président de l’Institut Papst Benedikt XVI, en Allemagne).

Au total, de 2011 à 2024, 30 personnalités ont été récompensées, parmi lesquelles quatre Français: Rémi Brague (2012), Anne-Marie Pelletier (2014), Jean-Luc Marion (2020) et le Père Michel Fédou (2022). Le jésuite français fut à ce titre l’une des dernières personnalités à avoir rencontré Benoît XVI. Il apparaît sur la dernière photo publique du pape émérite, prise lors de leur rencontre du 1er décembre 2022, 30 jours avant son décès survenu le 31 décembre. (cath.ch/imedia/cv/rz)

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