Jean Paul II plaide pour une Europe «chrétienne»
Salzbourg, 19 juin 1998 (APIC) Dès son premier discours vendredi en terre autrichienne, le pape Jean Paul II a lancé un appel pour une Europe unie dont la vision chrétienne de l’homme doit être le fondement et la mesure. Reçu à midi sur l’aéroport de Salzbourg par le président Thomas Klestil, plusieurs ministres et les évêques du pays, Jean Paul II est apparu en bonne forme physique. Il a salué le rôle de l’Autriche au centre de l’Europe.
Le pape a été accueilli à sa descente d’avion sous un ciel couvert par le président Klestil et un groupe d’enfants qui lui ont remis des fleurs et préésenté une vasque remplie de terre de Salzbourg. De nombreux membres des mouvements catholiques de jeunesse ont salué le pape par des vivas et des slogans comme «Jean Paul II nous sommes avec toi». Le président Klestil s’est félicité qu’un petit pays comme l’Autriche ait l’honneur de recevoir pour la troisième fois le pape.
Pour construire une nouvelle Europe, il faut beaucoup de mains, mais aussi des cœurs «qui ne battent pas seulement pour le profit et pour l’argent», a relevé le pape. Il s’agit pour cela de respecter la vie et la dignité de l’homme «dans toutes ses phases et sous toutes ses formes.» Jean Paul II a souligné l’importance de la vision chrétienne de l’homme façonné à l’image et à la ressemblance de Dieu. «Sans cette mesure la construction de la maison européenne risque de se disloquer et de n’avoir aucune solidité dans la durée». Pour Jean Paul II, cette conception n’est nullement une «antique pièce de musée», mais le fondement pour une Europe moderne construite avec les pierres des diverspeuples, cultures et religions.
L’Autriche, un modèle pour l’Europe
Au regard de la grande Europe de l’Atlantique à l’Oural, le pape a salué l’Autriche comme un modèle de l’unité dans la diversité. Le pays a été imprégné des influences celtes, romaines, germanique, hongroises et slaves. Ainsi l’Autriche peut-elle être un exemple pour une Europe unie «qui n’a pas de frontières, mais de la place pour tous».
Dans ce premier discours, Jean Paul II n’a cependant fait qu’effleurer la question de la situation de l’Eglise catholique dans le pays, se contentant de lui adresser ses vœux de paix.
Le président Klestil a exprimé de son côté la reconnaissance du peuple autrichien pour la contribution de Jean Paul II à la libération des Etats voisins d’Europe centrale du joug d’un régime totalitaire. A la veille d’assumer pour la première fois la présidence de l’Union européenne, l’Autriche reçoit avec joie les encouragements du pape. A propos du 1200e anniversaire de la fondation de l’archidiocèse de Salzbourg que le pape est venu célébrer, le président Klestil a relevé l’importance de la ville comme centre religieux, spirituel et culturel.
Aucun signe de protestation
Des milliers d’habitants de Salzbourg ont suivi et applaudi le cortège du pape qui s’est dirigé vers l’abbaye de St-Pierre, l’un des plus vénérables monastères bénédictins d’Europe centrale distant de trois kilomètres. Après une rencontre avec les moines et le repas, Jean Paul II a pris un moment de repos avant de repartir pour la cathédrale où la grand-messe a débuté à 16 heures. Aucun signe de mécontentement ou de protestation n’était visible dans la vieille-ville. Ce qui n’a pas manqué de surprendre les nombreux journalistes étrangers venus enquêter sur une Eglise en crise et en proie aux divisions.
Ce 83e voyage du pape à l’étranger sera aussi l’un des plus courts, puisqu’il ne dure que trois jours. Samedi le pape se rendra à Sankt-Pölten, le diocèse du très contesté Mgr Kurt Krenn. Sur le plan religieux, le moment fort sera la béatification dimanche à Vienne de trois nouveaux bienheureux pour laquelle on attend 100’000 personnes sur la Place des Héros. (apic/kap/cic/kna/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/salzbourg-le-pape-est-arrive-vendredi-en-autriche/