Salzbourg: messe du pape pour les1200 ans de l’archidiocèse

«Ne quittez pas l’Eglise, mais engagez-vous»

Salzbourg, 19 juin 1998 (APIC) – Dans la splendide cathédrale de Salzbourg où Mozart fut baptisé, Jean-Paul II, vendredi 19 juin après-midi, a comme supplié les catholiques autrichiens de «ne pas quitter l’Eglise». Tout en précisant leur rôle, il a appelé les laïcs à la «corresponsabilité» avec le clergé encourageant chacun à «l’audace du dialogue». Rappelant le sens du magistère qui n’est pas un instrument «de pouvoir sur les âmes», il a mis en garde contre l’indifférence religieuse qui est «aussi dangereuse que la haine ouverte».

Le constraste avec le pape du Vatican au visage souvent fermé est total. En remontant la longue nef de la cathédrale de Salzbourg, sous de longs applaudissements, Jean-Paul II s’arrête à chaque pas, embrasse des enfants, sert des mains et sourit, visiblement ravi d’être là. Et plutôt en bonne forme comparé à ces dernières semaines. Il vient célébrer dans cette cathédrale historique le 1200° anniversaire de la fondation du diocèse de Salzbourg.

«Chers frères et soeurs a lancé le pape dans son homélie, poussé par la conscience des devoirs liés à la fonction de Successeur de Pierre, je suis venu chez vous en Autriche pour vous porter ma parole d’encouragement et d’exhortation». Cette fonction, il vient de la décrire en ces termes : «Le magistère n’est pas une invention humaine pour exercer un pouvoir sur les âmes. Le Christ lui même nous a confié ce devoir pour que sa parole divine puisse être proposée par des lèvres humaines et devenir pour l’homme (…) une orientation et un soutien».

Ainsi, lance-t-il, presque pathétique «le coeur de l’évêque de Rome bat pour vous tous ! N’abandonnez pas le troupeau du Christ bon Pasteur ! Ne quittez pas l’Eglise ! Revenez plutôt à elle, pour recevoir l’annonce joyeuse, capable d’illuminer nos vies mais aussi les ténèbres de nos vies.»

Encouragement à la coresponsabilité des laïcs

Jean-Paul II s’engage alors sur la question du dialogue à l’intérieur de l’Eglise : «Je voudrais souligner l’importance des Conseils paroissiaux [»Pfarrgemeinderäte»] dans lesquels on étudie et où se résolvent, en commun les problèmes pastoraux. Ayez l’audace du dialogue dans vos organismes ! «.

Un dialogue qui lui paraît nécessaire pour «raviver les communautés paroissiales». Et ce dialogue passe par une «corresponsabilité» des laïcs qu’il encourage fortement : «Je désire encourager explicitement les laïcs à une stricte collaboration avec leurs prêtres». «Sans vous, précise-t-il, la communauté paroissiale serait non seulement plus pauvre, mais elle manquerait de son essentiel.» Il ajoute, «votre engagement n’a pas de prix».

Le pape souligne cependant la «diversité des rôles» entre laïcs et prêtres. Une diversité qui rend «parfois difficile le fait de trouver la voie juste pour le dialogue et la coopération.» Il ajoute : «l’égalité de dignité ne signifie pas dans le troupeau du bon Pasteur, égalité de responsabilité et d’activité. Les devoirs particuliers du ministère épiscopal et sacerdotal ne peuvent pas simplement passer aux laïcs. Et vice et versa, les pasteurs sont tenus de respecter le rôle spécifique des laïcs» (…). C’est seulement en assumant le rôle qui revient à chacun que le pasteurs et son peuple peut avancer vers le but.»

L’indifférence aussi dangereuse que la haine

Jean-Paul II a ensuite abordé les défis qui attendent l’Eglise d’Autriche, à savoir la défection des fidèles : «Il arrive que le prêtre et ses collaborateurs préparent avec grand soin le repas de la Parole et de l’Eucharistie mais ils ont ensuite la déception de constater que les nombres des invités qui acceptent l’invitation est toujours plus restreint. Le repas du bien être et de la société de consommation semble être plus attrayant». Parlant de la subsistance «d’une religiosité populaire diffuse mais à qui il manque le fondement d’une conviction réfléchie», le pape a constaté : «l’indifférence vis-à-vis de l’héritage chrétien est aussi dangereuse que la haine ouverte».

Comment sortir de ce phénomène de sécularisation ? Le pape se pose la question : «disposons nous encore des ressources suffisantes pour pouvoir vivre ? Où sont les sources où nous pouvons puiser ?» Il indique alors cette voie classique : «la Sainte Ecriture (…), les sacrements de l’Eglise (…), la prière».

«Ces sources sont à la disposition de vous tous ajoute-t-il encore, mais en particulier à votre disposition, vous les jeunes. Vous savez que le pape compte sur vous.(…) Le pape a confiance en vous, jeunes pour donner une nouvelle fois un visage chrétien à la vielle Europe» qui a «plus besoin de témoins que de maîtres».

A la fin de la cérémonie, le pape a adressé un court message d’amitié aux représentants des autres confessions présentes, membres de la présidence du Conseil oecuménique des Eglises d’Autriche. Il s’est félicité de leur présence et les a remercié pour leur engagement «exemplaire» dans l’aboutissement de la seconde assemblée oecuménique de Graz. (apic/imed/mp)

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