Visite pastorale de Jean Paul II en Autriche
le pape Jean Paul II est plus jeune que beaucoup !
Une seule voie pour l’Eglise d’Autriche: le dialogue
De notre envoyé spécial Jean-Marie Guénois
Salzbourg, 21 juin 1998 (APIC) L’âge du pape n’est pas un handicap: malgré ses limitations physiques, Jean Paul II est bien plus jeune que beaucoup, a déclaré le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne, à l’occasion de la visite pastorale du pape en Autriche. Répondant aux questions des journalistes en quatre langues (allemand, anglais, italien et français), le cardinal a évoqué le malaise de l’Eglise autrichienne pour dire sa foi dans le dialogue.
Sur la santé de Jean Paul II, le cardinal Schönborn a rassuré ses hôtes: «Le pape est toujours très présent, même s’il est limité dans son corps. Le problème de l’âge n’en est pas un: il est bien plus jeune que beaucoup d’entre nous. Il a le coeur ouvert.» Quant à ses attentes vis-à-vis de la visite de Jean Paul II, le cardinal a répondu: «J’espère que l’opinion publique internationale pourra comprendre que l’Eglise en Autriche n’est pas seulement une Eglise qui affronte une grave crise et qui a ses problèmes, mais que cette Eglise est vivante et qu’elle a une vitalité propre. Ne réduisons pas la vie actuelle de l’Eglise à la crise!»
Affaire Groër: la confiance blessée
Sur «l’affaire Groër» (ancien archevêque de Vienne, le cardinal Hans Hermann Groër vit retiré près de Dresde, dans l’ancienne Allemagne de l’Est; il est notamment accusé d’abus sexuels sur des séminaristes et des jeunes) et ses effets désastreux sur l’Eglise autrichienne: «L’Eglise est une communauté de pécheurs, qu’elle invite à la conversion. Dans l’Eglise, la foi permet de venir à bout de tous les problèmes. Cette affaire a créé une blessure de la confiance. Et il n’est pas facile de surmonter les crises de confiance. Cela demande du temps. J’espère que le dialogue sera un chemin pour retrouver la confiance mutuelle. C’est en parlant que nous pourrons sortir de cette crise. Nous n’avons pas d’autre choix.»
Le «Dialogue pour l’Autriche»: aider à ne pas s’éloigner de Dieu
Tel est le but du «Dialogue pour l’Autriche», un processus qui trouvera sa conclusion à l’automne prochain. L’archevêque de Vienne remarque: «L’Eglise autrichienne s’est engagée sur la voie du dialogue à tous les niveaux, mais il faut aussi former à la dimension de l’Eglise universelle, car le danger qui nous guette serait de l’oublier. Le but ultime de ce dialogue est d’aider les gens à ne pas s’éloigner de Dieu, car le but de l’Eglise n’est pas d’être ici pour elle-même. Si l’Eglise ne sert pas au rapport à Dieu, elle ne sert à rien. Toute la question de ce dialogue est de savoir comment ne pas s’éloigner de Dieu.»
La question du mariage des prêtres
Et si, par exemple, un vote majoritaire en faveur du mariage des prêtres avait lieu dans cette instance? «Ce sera une instance de consultation, avec des votes et des résultats concrets, mais ce ne sera pas un Synode, précise le cardinal. Il n’y aura donc pas de décision, mais des avis. Si un tel vote se produisait, cela amènerait à s’interroger sur ce que se vit au sein de l’Eglise catholique.»
La contestation tant annoncée pendant la visite de Jean Paul II ne trouble pas l’archevêque: «Il est bon que chacun exprime son opinion, à condition qu’il le fasse dans le respect des autres. Si c’est le cas, il n’y a aucun inconvénient à ce que chacun puisse s’exprimer.»
Interrogé sur les sorties d’Eglise qui affectent l’Eglise catholique en Autriche, le cardinal a observé: «En France, par exemple, on ne sait pas qui est de l’Eglise et qui ne l’est pas. La situation autrichienne a l’avantage de l’honnêteté. En effet, si quelqu’un veut dire clairement son opposition à l’Eglise ou s’en considère éloigné, il peut l’exprimer en ne donnant pas la partie prévue de son impôt à l’Eglise catholique. Ce système n’a pas que des désavantages. Dans ce cadre, le denier du culte devient une sorte de plébiscite annuel pour l’Eglise.»
«Je dois ajouter que nous observons ces dernières années une croissance du mouvement de retour vers l’Eglise. S’il est vrai que le taux de pratique religieuse, des personnes qui se rendent chaque dimanche à la messe est de 17 % en Autriche, il est également exact que le taux de personnes qui se sentent catholiques, qui demandent le baptême, certains sacrements et qui demandent l’enterrement à l’Eglise, avoisine les 80 %. Voilà l’important !» (apic/cip/imed/jmg/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/visite-pastorale-de-jean-paul-ii-en-autriche/