Hugues Lefèvre, à bord de l’avion du pape, I.MEDIA.
Alors qu’Israël intensifie ses frappes sur le Liban pour détruire le Hezbollah, le pape François a rappelé que « la défense doit toujours être proportionnée à l’attaque ». « Quand il y a quelque chose de non-proportionnel, cela montre une tendance dominatrice qui va au-delà de la moralité », a ajouté le pape. Sans nommer directement l’État hébreu, il a affirmé qu’une réponse « superlative » de la part d’un État aboutissait à des « actions immorales ».
Même s’il estime que la « guerre est toujours immorale », le pontife a évoqué des « règles de guerre » qui indiquent une « certaine moralité ». Il estime que le non-respect de ces règles relève de ce qu’on appelle le « mauvais sang » en Argentine – mala sangre – soit le caractère malveillant ou vindicatif d’une personne.
Interrogé sur son hommage fait au roi Baudouin qui s’était élevé contre une loi ouvrant le droit à l’avortement en Belgique, le pape François a redit que le souverain avait été « courageux ». « Devant une loi de mort, lui ne l’a pas signée et a démissionné », a-t-il rappelé, faisant allusion à cet épisode de 1990 où le roi Baudouin s’était mis en incapacité de gouverner durant 36 heures afin de ne pas engager sa responsabilité pour une loi qui allait contre sa conscience et sa foi catholique.
« Il faut du courage, il faut un politique qui en a dans le pantalon pour faire cela », a ajouté le pape François, assurant que Baudouin avait envoyé alors un « message » à l’Église. « Il l’a fait parce qu’il était un saint. Et comme il est saint, le processus de béatification avancera », a conclu le pape François. Ce dimanche, à l’issue de la messe dans le stade Roi Baudouin de Bruxelles, le pontife argentin a annoncé officiellement qu’il allait ouvrir la cause en béatification du monarque belge.
Sur le droit à l’avortement à proprement parler, le pape a rappelé la position de l’Église : « un avortement est un homicide ». Il a de nouveau qualifié les médecins qui pratiquent des avortements de « tueurs à gage ». « Sur cela on ne peut pas discuter. Ils tuent une vie humaine », a-t-il encore martelé, soulignant que « les femmes ont le droit à la vie : leur vie, et celle de leurs enfants ».
À la fin de sa réponse, le pape François a tenu à distinguer l’avortement des méthodes de contraception qu’il ne « faut pas confondre ».
Alors que la visite du pape François en Belgique a été fortement marquée par sa rencontre vendredi soir avec 17 victimes d’abus, le pontife a été interrogé sur les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce fléau efficacement. Il a assuré que la commission vaticane pour la protection des mineurs créée par le cardinal O’Malley fonctionnait.
Il a ensuite rappelé la responsabilité de l’Église dans l’aide aux victimes. « Certains ont besoin de traitements psychologiques », a -t-il reconnu, évoquant des montants d’indemnisation encore trop bas. « Nous devons prendre soin de la personne abusée et punir les abuseurs », a-t-il martelé. « L’abuseur n’est pas un pécheur du jour qui demain… Non ! », a commenté le pape. « C’est une tendance, une maladie psychiatrique », qui exige des traitements et des contrôles.
« On ne peut laisser un abuseur libre dans la vie ordinaire, comme responsable dans les paroisses et les écoles », a ajouté le pape. Il a alors donné l’exemple d’évêques qui ont orienté des prêtres – déjà jugés – vers des travaux dans les bibliothèques, «sans contact avec les enfants dans les écoles et les paroisses».
Samedi après-midi, à l’issue du discours du pape prononcé devant les étudiants de l’Université catholique de Louvain, l’institution a diffusé un communiqué pour déplorer la position « conservatrice » de François concernant la place des femmes dans l’Église et la société. Dans l’avion, le pape a critiqué la méthode de l’université wallonne. « Ce communiqué a été fait au moment où je parlais. Il a été préfabriqué. Et cela n’est pas moral », a-t-il regretté.
Se défendant d’être conservateur, il a répété que l’Église était « femme » et que « la mysticité de la femme est plus importante que le ministère [réservé aux hommes] », faisant longuement référence, sans la nommer, à la pensée du théologien Hans-Urs von Balthasar. « Un féminisme exagéré qui voudrait dire que la femme est masculin ne fonctionne pas », a insisté le chef de l’Église catholique. (cath.ch/imedia/hl/mp)
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