1 ,5 million de morts depuis 1983

Soudan :Chrétiens et animistes tués ou réduits en esclavage par l’armée

Khartoum, 25 juin 1998 (APIC) Les forces armées soudanaises ont mené plusieurs attaques, entre le 1er et le 10 juin, contre des populations majoritairement chrétiennes, au nord de la région de Bahr El Ghazal. Des villages ont été pillés, des habitants massacrés alors que d’autres ont été emmenés en esclavage.

Le 3 juin, un diacre de l’Eglise épiscopalienne a été tué et au moins 25 personnes de la même Eglise ont été emmenées comme esclaves. Au passage, les soldats ont endommagé l’église et brûlé 600 Bibles.

Le 6 juin, les troupes soudanaises ont attaqué un autre village et détruit les stocks de médicaments. Quatre jours plus tard, elles s’en prenaient à un autre village où quelque 30’000 personnes affamées attendaient une distribution de nourriture: on ignore encore combien ont été tués ou emmenés en esclavage.

Au cours du mois de mai, on estime que 2’000 chrétiens ou adeptes de la religion traditionnelle ont été tués ou emmenés comme esclaves. De nombreuses églises ont été détruites ou incendiées.

Rome: Le cardinal Gantin quitte sa charge de Préfet de la Congrégation pour les évêques

Le cardinal brésilien Lucas Moreira Neves accède à un poste-clé

Rome, 25 juin 1998 (APIC) Le pape Jean-Paul II a accepté jeudi la démission du cardinal Bernardin Gantin de sa charge de préfet de la Congrégation pour les évêques. Pour lui succéder le pape a nommé le cardinal brésilien Lucas Moreira Neves, actuellement archevêque de Sao Salvador de Bahia, primat du Brésil et président de la conférence épiscopale brésilienne.

Déjà appelé à la curie romaine par Paul VI, Mgr Moreira Neves il y restera pendant 13 ans de 1974 à 1987, dont plusieurs comme Secrétaire de la congrégation des Evêques. L’archevêque brésilien est à la fois un homme qui connaît les rouages de l’organe central de l’Eglise et un homme de terrain. Malgré ses 72 ans et une santé assez fragile, il est souvent considéré par les observateurs comme « papabile ». Le cardinal reprendra également la présidence de la commission pour l’Amérique latine

Le cardinal brésilien remplace à ces deux postes le cardinal béninois Bernardin Gantin atteint par la limite d’âge (né en 1922). Or, justement, le cardinal Neves se dit fier d’avoir du sang africain dans les veines, étant descendant d’esclaves africains venant en majorité du Dahomey (actuel Bénin) et autrefois déportés au Brésil. Et il se sent proche des cardinaux africains.

Convivial et chaleureux, disent ses intimes, il reste un homme proche du peuple et soucieux des pauvres, ce qu’ont compris les évêques du Brésil (plus de 400) en l’élisant Président de leur conférence épiscopale bien que considéré comme conservateur par les tenants de la théologie de la libération. Il vit lui-même modestement, n’ayant une secrétaire qu’à mi-temps, et écrivant tout à la main.

Issu d’une famille modeste et nombreuse

Issu d’une famille modeste et nombreuse, dont il est l’aîné, il se souvient volontiers de ses jeux d’enfants avec un ballon de tissu, par exemple lorsqu’il raconte à une journaliste polonaise en 1996: « Au Brésil, l’Eglise n’a pas d’argent. Elle voudrait faire beaucoup plus pour aider les enfants pauvres, les ’ninos de rua’. Pour qu’ils ne deviennent pas des délinquants, il faut les enlever à la rue, les faire grandir dans les familles, en cherchant à leur faire apprendre un métier. Tout le monde se demande: comment se fait-il qu’il y ait eu tant d’argent pour les funérailles d’Ayrton Senna, et qu’il n’y en ait pas pour faire vivre les enfants des rues ? Le fait est que l’argent des courses automobiles est de l’argent européen, pas brésilien. C’est absurde qu’il y ait tant d’argent d’une part et tant de misère de l’autre ».

Lucas Moreira Neves est né à Sao Joao del Rei, dans l’Etat de Minas Gerais, en 1925. Sa vocation de dominicain est éveillée un jour où il sert la messe d’un dominicain français venu au village. Il lui confiera son désir d’annoncer l’Evangile et de se faire dominicain comme lui. C’est ce qui le conduira dans l’immédiate après-guerre en Provence, au couvent dominicain de Saint-Maximin , dans le département du Var. Profès en 1948, il est ordonné prêtre en 1950.

Une sensibilité de communicateur

C’est alors que se forge sa sensibilité de communicateur, en faisant ses premières armes en tant que directeur de la revue dominicaine du Rosaire (1954-1962). Il en gardera toujours un bon rapport avec la presse. En 1952, il est maître des novices et des étudiants dominicains à Sao Paulo puis aumônier des étudiants de la ville.

Evêque auxiliaire de Sao Paulo en 1967, il opte, pendant la dictature, pour une attitude pastorale, visite les prisonniers, agit pour limiter les souffrances des fidèles. Il veut garder sa place de pasteur et pour cela ne s’engage pas politiquement. Une attitude qui n’a pas toujours été comprise.

Il exerce de nombreuses charges dans la conférence épiscopale brésilienne et au CELAM, participe aux rencontres de Medellin et de Puebla. Le nonce au Brésil le remarque et le pape Paul VI l’appelle à la curie romaine. En 1974, il est vice-président du Conseil pontifical pour les laïcs, puis devient, en 1979, Secrétaire de la congrégation pour les Evêêques: celui par qui sont passées tant de nominations du pontificat de Jean-Paul II.

Il avait connu le cardinal Wojtyla et avait sympathisé avec lui assez profondément pour avoir pris des repas avec lui au collège polonais avant les deux conclaves de 1978. Il est donc l’un de ceux qui croyait à l’élection de l’archevêque de Cracovie.

L’estime et la confiance entre les deux hommes ne se sont pas démenties au cours des années. Le pape le nommera archevêque de Sao Salvador de Bahia en 1987, le faisant ainsi Primat du Brésil et le créera cardinal l’année suivante.

Francophone et francophile

Son travail en faveur de l’unité au coeur de la conférence épiscopale du Brésil se soldera avec succès lors de son élection comme président. Et la première rencontre mondiale des familles avec le pape en octobre 1997 à Rio de Janeiro couronnera ses efforts en faveur de la famille.

C’est donc après quelque dix ans de travail pastoral comme archevêque que Jean-Paul II rappelle à Rome, à un poste cléé(nomination des évêques), un homme qui comptera au prochain conclave. Il a déjà beaucoup compté lors du synode des évêques pour l’Amérique,

Francophone par sa formation il est aussi francophile. Cet homme spirituel est particulièrement attaché aux sanctuaires de Lourdes, Ars et Lisieux, d’où il avait écrit au pape en faveur du doctorat de Thérèse de Lisieux. Il a posé la première pierre du Foyer sacerdotal international à Ars.

Atteint de diabète, son activité et sa disponibilité sont parfois réduites mais cette nomination prouve, comme ses responsabilités actuelles au Brésil, qu’il est capable, à 73 ans en septembre, de faire face à un poste de très haut niveau. (apic/imed/mp)

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