Israël: Le Patriarche grec orthodoxe sur la sellette pour des opérations immobilières
Jérusalem, 25 juin 1998 (APIC) Le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem, Diodoros Ier, est une nouvelle fois sur la sellette pour des affaires immobilières. Malgré les ives protestations de ses paroissiens, il a cédé un terrain d’Eglise de 6 hectares à un groupe d’investisseurs juifs. « Nous allons lancer une intifada contre l’Eglise grecque-orthodoxe », ont déclaré les représentants de la paroisse de Jaffa au quotidien israélien « Haaretz ».
Récemment, Bassam Abou Charif, proche conseiller du président Arafat, avait violemment attaqué le patriarche grec orthodoxe, accusé de vendre à des « extrémistes juifs » les biens immobiliers de l’Eglise à Jérusalem et aux alentours. Les responsables du Patriarcat, avaient démenti, dénonçant une « campagne de désinformation » contre leur Eglise dont ils ignorent les motivations.
Interrogés par l’APIC, deux responsables de l’Eglise grecque-orthodoxe de Jérusalem – les évêques Basilios et Timotheos – avaient formellement démenti les allégations de Bassam Abou Charif: « Ce ne sont que des mensonges, nous n’avons rien vendu du tout et n’avons aucune intention de vendre des monastères aux Israéliens. Je pense qu’il ne nous aime pas parce que nous sommes grecs-orthodoxes! », a déclaré Mgr Basilios. Mgr Timotheos accusait alors le responsable palestinien de tromper l’opinion publique avec des intentions malveillantes: « Notre Eglise ne cède pas ses propriétés, mais au contraire les développe! »
La vente de terrains et d’immeubles palestiniens aux Israéliens, qui mènent une politique de judaïsation systématique à Jérusalem, est considérée comme une haute trahison par l’Autorité palestinienne, alors que le territoire qui lui revient se réduit toujours plus à une peau de chagrin. Mardi Salah Salim, un député communiste arabe à la Knesset, membre du parti Hadash, avait souhaité publiquement la peine de mort pour les « traîtres » arabes qui vendent des terrains aux juifs. La police israélienne a convoqué le député pour interrogatoire et une polémique s’est développée sur l’opportunité de lever son immunité parlementaire pour incitation à la violence.
Bassam Abou Charif, un responsable palestinien de haut rang, s’en est déjà pris aux institutions chrétiennes qui « bradent le sol de la Terre Sainte à des extrémistes juifs ». Il aurait menacé de mort le patriarche Diodoros Ier au cas où il ne se retirait pas de lui-même « des lieux saints souillés par ses manipulations immobilières » pour céder la place à un chef religieux arabe chrétien intègre.
Quant aux responsables de la paroisse de Jaffa, Josef Dik et Nasim Shaker, ils ont déploré le fait que les chrétiens locaux sont dominés depuis 400 ans par des patriarches grecs. Ils réclament désormais la nomination d’un Palestinien à la tête de leur Eglise, « pour que nos intérêts soient défendus. Les représentants de la paroisse ne pensent pas les quelque 2,3 millions de francs que rapporte le bail de 99 ans pour la propriété incriminée va profiter aux paroissiens arabes. A Jaffa vivent environ 4000 membres de la communauté grec-orthodoxe, dont beaucoup n’ont pas d’appartements. « Depuis les années 80, date de son arrivée à la tête du Patriarcat, Diodoros n’a pas érigé une seule école, un seul jardin d’enfants, aucun club de jeunes, aucun hôpital pour la paroisse de Jaffa », se plaignent les paroissiens. (apic/kna/jpost/be)
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