Banquiers reçus au Vatican
Rome, 26 juin 1998 (APIC) Jean Paul II a plaidé en faveur de la «démocratie économique» en recevant vendredi au Vatican les membres du Conseil d’administration, dirigeants et représentants syndicaux de l’Institut central pour les Banques de crédit coopératif (ICCRÉA), un groupe bancaire inspiré par la doctrine sociale de l’Église, qui constitue un réseau de plus de 600 caisses, surtout présent dans les campagnes et les banlieues des villes.
La solidarité, la défense des droits des plus faibles et d’une plus grande justice sont, a rappelé Jean Paul II, au coeur de ce système de crédit bancaire, un réseau qui doit beaucoup à l’inspiration d’un prêtre de Romagne, don Luigi Cerruti, et qui a inauguré ses activités sur tout le territoire italien à la fin du siècle dernier.
«L’association de travailleurs dans des structures de coopération, tout en étant issue de la nécessité de combattre les effets négatifs d’une société industrielle et économique visant surtout le profit, a aussi toujours eu pour but de manifester une exigence d’unité et de solidarité», a expliqué Jean Paul II. Dans «le respect des exigences de l’entreprise», a-t-il ajouté, cette activité cherche à «promouvoir une réelle démocratie économique en offrant un crédit à la mesure de l’homme». Il s’agit, a dit le pape «de défendre l’épargne familiale, d’éloigner la plaie de l’usure et de soutenir les petites et moyennes entreprises».
Cette forme de crédit et de coopération veut mettre la personne au centre de l’organisation financière, a encore expliqué Jean Paul II. «On ressent, a-t-il dit, le besoin de dépasser les simples dimensions économiques de l’activité humaine et le conflit qui oppose les lois de fer du capital et les exigences irréductibles de la défense de la dignité de la personne humaine. Ces valeurs doivent être sauvegardées face à un ’marché’ qui peut toujours courir le danger d’oublier que les biens de la création sont destinés à tous».
Le pape s’est félicité que «la structure même des Banques de Crédit Coopératif, fondée sur une société de personnes et non de capitaux, laisse entendre que leur premier objectif n’est pas le profit mais de satisfaire aux exigences de l’utilité sociale». Elles rendent un service à la société tout entière, a-t-il observé. (apic/cip/pr)
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