L’endettement des pays latino-américains en toile de fond

Washington: Une délégation du CELAM rencontre des représentants du FMI et de la BM

New York, 4 mai 1998 (APIC) Une délégation du Conseil épiscopal latino-américain (CELAN), emmenée par son président, Mgr Oscar Rodriguez, archevêque de Tegucigalpa (Honduras) a rencontré en fin de semaine dernière à Washington des responsables de la Banque interaméricaine de développement (BID, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Les évêques catholiques d’Amérique latine, inquiets des conséquences sociales et économiques de la dette extérieure de leur région, se sont engagés à collaborer avec trois ces trois organismes.

La délégation du CEAM), qui a réclamé un allégement de la dette extérieure pour les pays d’Amérique latine, a accepté de coopérer avec ces institutions dans des domaines comme la lutte contre la corruption, le rôle de la société civile dans la réforme économique…

« Le problème est très critique », a expliqué Martin Poblete, coordinateur de la rencontre et conseiller pour les affaires latino-américaines auprès du centre catholique hispanique de la région nord-est, dont le siège est à New York. « La dette augmente. Et elle a d’énormes conséquences sociales en Amérique latine. Les évêques estiment qu’elle est un grand fardeau pour la région. »

Les institutions de prêts comme la Banque mondiale et le FMI acheminent des milliards de dollars en prêts au développement vers les pays défavorisés dans le cadre d’une politique de réforme économique dite d’ »ajustement structurel ». Mais un certain nombre de responsables religieux trouvent les conditions de prêts trop sévères car le remboursement des prêts détourne les rares ressources qui pourraient être affectées à des programmes de soins de santé et d’éducation pour les défavorisés.

Le remboursement de la dette passe avant les pauvres

Trois des plus grandes « puissances économiques » d’Amérique latine – Argentine, Brésil et Mexique – totalisent au total une dette extérieure de 400 milliards de dollars. Pour rembourser la dette, ces trois pays, et tous les autres, doivent couper des programmes gouvernementaux d’aide sociale et l’octroi de subventions. La situation est pire encore dans les pays les plus pauvres d’Amérique latine. Au Nicaragua, par exemple, plus de la moitié des revenus de l’Etat est consacrée au remboursement de la dette.

La délégation du CELAM était emmenée par son président, Mgr Oscar Rodriguez, et son le secrétaire général, Mgr Jorge Jimenez, évêque de Zipaquira (Colombie). Le président de la BID, Enrique Iglesias, le directeur général du FMI, Michel Camdessus, et le président de la BM, James Wolfensohn, représentaient les institutions de financement.

Avant la réunion, Mgr Rodriguez avait déclaré que les évêques voulaient trouver de nouveaux moyens d’alléger l’endettement extérieur, de lutter contre la corruption, et de mettre en place des mesures économiques qui non seulement assureraient la croissance macroéconomique, mais « amélioreraient aussi la santé, l’éducation, l’emploi, et le bien-être de tous ». (apic/eni/pr)

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