Réquisitoire sans complaisance des effets du néolibéralisme

Québec: Message du Comité des Affaires sociales des évêques pour le 1er mai

La voix de l’»Eglise de la rue»«

Montréal, 4 mai 1998 (APIC) Le manque d’emplois «décents», la prolifération des petits gagne.pain de misère et la nouvelle fragilité des emplois normalement rémunérés plongent une partie de la population québécoise dans l’insécurité, s’inquiète l’Assemblée des évêques du Québec, dans un message intitulé «Précarité: la nouvelle norme du travail», et publié le 1er mai par son Comité des Affaires sociales.

Combien de femmes et d’hommes vivent la précarité de l’emploi au quotidien? s’interroge le Comité des Affaires sociales de la l’Assemblée épiscopale. Cette réalité dramatique et sans cesse grandissante qui atteint la personne au creux de sa dignité humaine est fortement questionnée par les évêques. Les maux qui surgissent de ces situations, soulignent-ils, atteignent tôt ou tard la dignité de la personne.

Le message présente des faits dramatiquement vécus. Et le Comité de le démontrer en citant l’exemple d’une dame qui, par le Téléjournal du soir, entend que la pauvreté et la crise de l’emploi touchent surtout les femmes, les monoparentales, les personnes assistées sociales et les immigrantes. «Elle se voit dans toutes ces catégories à la fois». Recherche d’emploi, perte d’emploi, recherche… et la roue tourne dans une société qui semble se construire de plus en plus pour une minorité de chanceux.

«Sous prétexte de vouloir rester sur la ligne de front ou encore pour satisfaire l’appétit du gain des actionnaires d’une entreprise, ajoute le Comité des affaires sociales des évêques québécois, on effectue des licenciements, on gruge dans les conventions collectives. L’emploi régulier fait place au temps partiel et à la sous-traitance».

Devant cette situation, les auteurs du message du 1er mai posent un certain nombre de questions: «Dans un système économique où seules les personnes les plus performantes ont droit au chapitre du travail décent», qu’advient-il des citoyens et citoyennes les plus vulnérables de la société? «Trop qualifiées pour les uns, pas de place dans le système pour les autres, qui donnera une chance à ces personnes diplômées qui n’ont pas «performé» depuis quelques années?»

Travail collectif

«Il se crée des milliers d’emplois au pays! Nous dit-on. Ne faudrait-il pas ajouter que beaucoup de ces emplois ne payent pas des salaires assez élevés pour fournir, même aux travailleurs et travailleuses à plein temps, un revenu suffisant pour subvenir aux besoins de la famille?» Et le Comité de relever en conclusion: «Dans un climat ultra-compétitif du néolibéralisme, comment maintenir un tissu entre nous? Travailleurs et travailleuses? Citoyens et citoyennes? Entre pays?»

Ce message est le fruit d’un travail collectif réalisé par des personnes actives dans le réseau des Communautés de base «Justice Solidarité» en lien avec le Comité des Affaires sociales de l’Assemblée des évêques du Québec. Une cinquantaine de ces communautés de base issues des milieux populaires sont actives au Québec. Les évêques, sensibles aux personnes qui vivent la précarité de l’emploi au quotidien ont fait appel à cette «Eglise de la rue» afin de donner une voix à ces femmes, à ces hommes qui militent contre l’exclusion.

Précarité: la nouvelle norme du travail? Par ce message, les évêques du Québec joignent leur voix à tous ceux et celles qui luttent pour que «des milliers de personnes retrouvent un minimum de stabilité économique et leur possibilité de s’accomplir par le travail». (apic/com/pr)

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