Réactions à Rome et à Berne

« Aloïs Estermann est le grand vainqueur des mises au concours faites à Rome et en Suisse pour le poste de Commandant de la Garde suisse ». Ce sont les termes de l’aumônier de la garde suisse, Aloïs Jehle, en apprenant la nomination du Lucernois Aloïs Estermann à la tête de la célèbre garde du pape.

Au Département fédéral de la Défense et des Sports, on ne fait pas de commentaires sur la nomination du nouveau Commandant. « Le Vatican doit avoir ses raisons pour avoir choisi Estermann, sans tenir compte des candidats que le Département du conseiller fédéral Adolf Ogi avait proposé », a répondu le porte-parole, Oswald Sigg, à l’agence APIC.

Il peut d’abord paraître surprenant que le département militaire soumette au Vatican des candidats pour la succession du colonel Roland Buchs. La Garde suisse n’est en effet pas liée structurellement au département militaire. Mais le Conseiller fédééral Ogi et son Département avaient fait des propositions de candidats au moment où l’on craignait qu’un candidat idéal ne puisse être trouvé, voire même qu’il fusse choisi en dehors de la Suisse. On était d’avis que la Garde suisse devait être dirigée par un officier suisse compétent.

Oswald Sigg a encore déclaré à l’agence APIC que « le Département avait pris au sérieux les rumeurs selon lesquelles la Suisse pouvait être libérée de sa responsabilité envers la Garde suisse, si on ne trouvait pas le candidat adéquat ». La Garde suisse, poursuit Oswald Sigg, « doit continuer à être suisse, à cause son importance historique et culturelle. C’est pourquoi, au départ, le gouvernement suisse était prêt de payer la différence du salaire actuel (60’000 francs) pour le Commandant avec celle d’un officier de l’armée suisse délégué à Rome. Ce salaire aurait alors dépassé 100’000 francs.

Le porte-parole du Département de la Défense et des Sports est assez étonné que la proposition de prêter un officier suisse pour une « etreprise catholique » n’ait pas suscité beaucoup de réactions. « Il y a bien eu quelques lettres de protestation affirmant que le Département, en agissant ainsi, nuisait sérieusement à la séparation de l’Eglise et l’Etat ».

De son côté l’aumônier de la Garde, Aloïs Jehle, remercie le gouvernement suisse d’avoir eu le courage de présenter des candidats pour la succession du colonel Buchs. Si la Suisse veut garder « sa Garde suisse, dans le futur, elle doit bien se comporter avec elle, ajoute-t-il. Puisque la Garde est connue dans le monde entier, elle reste importante pour les Suisses, quelque soit d’ailleurs leur confession religieuse ». (apic/gs/ba)

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