L’existence de la Garde Suisse n’est pas remise en cause

Suisse: Les évêques suisses choqués par l’assassinat du commandant de la Garde Suisse

Fribourg, 5 mai 1998 (APIC) L’existence de la Garde Suisse pontificale n’est nullement remise en cause par l’assassinat de son commandant et de sa femme et la mort d’un jeune aspirant-caporal valaisan, a souligné mardi à Fribourg l’attaché de presse de la Conférence des évêques suisses, (CES) Nicolas Betticher. Les évêques suisses se refusent à commenter ce drame dont ils ignorent les raisons, mais veulent surtout offrir leur soutien moral aux membres de la Garde et à leurs familles profondément traumatisés par ce drame.

Sitôt la nouvelle connue, Mgr Amédée Grab, président de la CES, accompagné du secrétaire le Père Roland B. Trauffer, s’est rendu à Rome pour apporter un réconfort aux proches et aux familles des disparus. L’émotion est encore amplifiée par le fait que la Garde s’apprêtait à fêter le 6 mai la prestation de serment de 40 nouveaux membres. De nombreuses familles ont fait le déplacement de Suisse à cette occasion.

« Si les conditions de vie à la Garde Suisse sont effectivement dures, elles ne sauraient être la seule cause du geste du jeune caporal valaisan envers le commandant Alois Estermann et sa femme » estime l’attaché de presse de la CES. Nicolas Betticher, qui connaît bien la Garde suisse pour s’y être rendu régulièrement, réfute les rumeurs de tensions internes à l’institution. Si la vie de caserne n’est pas forcément facile pour les jeunes Suisses habitués à un mode de vie plus confortable, les choses se passent généralement bien. Pour tous cette étape leur vie constitue une expérience importante tant humaine que religieuse, relève l’attaché de presse.

Le rôle et la signification de la Garde Suisse ne sont pas remis en question par cet événement tragique, comme l’a souligné la nonciature apostolique à Berne, relève la CES. « Elle reste le symbole de la fidélité au pape et à l’Eglise universelle. Tous ces jeunes vivant à Rome au sein de la Garde pontificale, doivent être aujourd’hui encouragés à persévérer dans le témoignage de leur foi. Ils attendent dans la douleur qui les frappe le soutien de tous leurs compatriotes. »

Les questions financières ne sont pas seules en cause

La durée de la procédure de nomination, plus de six mois, n’a pas été causé par des problèmes financiers, ni par la modestie du salaire offert, a précisé Nicolas Betticher. La difficulté a été de trouver une personne dotée des qualités non seulement militaires, mais aussi humaines et religieuses pour conduire une centaine de jeunes gens et insuffler un véritable esprit de corps à la garde. Il s’agit aux yeux de la CES d’une quasi-vocation.

Etre garde suisse n’est pas un job comme un autre, cette tâche nécessite des convictions profondes et un grand sens du service. Il est clair que pour de jeunes issus de la société suisse de telles qualités ne vont plus de soi. Les jeunes de la garde, à l’instar de la majorité de leurs camarades, n’ont souvent pas de lien fort avec la vie de l’Eglise. En ce sens leur séjour à Rome est aussi une découverte religieuse et spirituelle, relève Nicolas Betticher.

Pour la Conférence des évêques suisses, l’intervention de la Confédération dans la recherche d’un nouveau commandant se justifie parfaitement. Le Conseil fédéral est conscient du rôle politique quasi-diplomatique joué par la Garde Suisse au Vatican, souligne Nicolas Betticher. Le Département de la défense et le Conseiller fédéral Adolf Ogi ont proposé eux-mêmes de participer à la recherche d’un candidat. Dans le même sens la possibilité d’une contribution financière de la Confédération a également été évoquée.

Quant à la participation financière de la Conférence des évêques suisses au salaire du commandant, elle avait été négociée lors de l’engagement du colonel Roland Buchs. Elle pourrait être reconduite si cela s’avère nécessaire, conclut N. Betticher. (apic/mp)

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