Handicap International dénonce le volte-face américain sur l’emploi des mines antipersonnel
Bruxelles, 6 mai 1998 (APIC) Handicap International dénonce la décision prise le 3 mai par le président américain Bill Clinton de suspendre la mise en oeuvre du moratoire sur les mines antipersonnel. C’est une très mauvaise nouvelle, annonce l’organisation belge. Cette décision risque selon elle de nuire à la dynamique lancéée en décembre dernier par le Traité d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel.
Le Traité d’Ottawa interdit totalement, comme le réclamait depuis cinq ans la Campagne récompensée en 1997 par le Prix Nobel de la Paix, l’usage, la production, la vente et le stockage de toute mine antipersonnel. Ce principe ne souffre aucune exception et est assorti de l’obligation, pour les pays signataires, de procéder au déminage et à la destruction de leurs stocks. Les seuls stocks tolérés concernent les mines destinées à la formation… des démineurs. Le Traité a été signé par 124 pays.
La décision prise par le président des Etats-Unis concerne la mise en ouvre du moratoire sur l’emploi des mines antipersonnel, moratoire signé en 1996 et devant prendre cours à partir du 12 février 1999. Mais « les producteurs et les utilisateurs des mines antipersonnel ne vont-ils pas l’interpréter comme un feu vert pour ne pas mettre fin à leurs activités meurtrières ? » demande Handicap International.
Les arguments avancés par lesecrétaire américain à la Défense, William Cohen, et par les principaux responsables militaires du Pentagone ont été depuis longtemps, rappelle l’organisation belge, récusés par les plus éminents spécialistes militaires, notamment par le général Schwarzkopf. Ce dernier est l’un des quinze généraux américains à la retraite qui ont signé, en avril 1996, une lettre ouverte publiée dans le « New York Times » en faveur de l’interdiction totale des mines terrestres. Il n’est pas établi, écrivaient-ils, que les mines antipersonnel, même utilisées massivement, aient jamais joué un rôle déterminant sur l’issue d’un conflit.
Autrement dit, les milieux militaires eux-mêmes sont plutôt d’accord pour reconnaître que l’intérêt stratégique des mines antipersonnel – s’il y en a un ! – est assez faible en regard des conséquences effroyables que ces engins de mort ont sur le plan humanitaire. Or, plus de 100 millions de mines antipersonnel ont été déployées dans une soixantaine de pays, dont une trentaine sont particulièrement touchés par ce fléau qui infeste leur territoire. (apic/cip/pr)
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